Le groupe
Biographie :

Au milieu des années 90, les anciens membres du projet Eclipse  ont décidé de créer un nouveau groupe, Dirty Shirt. La première démo "Alone" est réalisée en 1996, avec des influences provenant notamment de l'alternative et progressive metal. S'en suit trois années de concerts et festivals, en Roumanie entre autres et remporte plusieurs prix qui leur permettent d'enregistrer "Very Dirty". DS sort une démo en 2001 avant de faire une pause de trois ans. Le groupe revient alors avec deux démos intitulées "Revolution" et "Différent" en mettant davantage l'accent sur le côté industriel et expérimental. En 2007 le groupe enregistre "Povestea Lui Sandu Porcu" et reprend les festivités en Roumanie ainsi qu'en Hongrie, Belgique et France au côtés de Tripod, Eths ou encore Babylon Pression et Lofofora. En 2009 Dirty Shirt prépare "Same Shirt Different day" qui sera accompagné de trois clips. Un nouvel album pourrait être enregistré en 2012 et sortir en 2013, en attendant une tournée en France pour 2012 est en préparation...

Discographie :

1996 : "Alone" (Démo)
2000 : "Very Dirty"
2001 : "Contradictie" (Démo)
2004 : "Revolution" (Démo)
2005 : "Different" (Démo)
2007: "Povestea Lui Sandu Porcu" (Démo)
2010 : "Same Shirt Different Day"


La chronique


Mort, mort, mort, mort, mort, mort pourrait très bien résumer la pochette de ce nouvel album de Dirty Shirt intitulé "Same Shirt Different Day". Je n'ai pas encore entendu le moindre son que déjà ce que je lis me fait dresser le zizi : enregistré au Kallaghan Studio, masterisé par Allan Douches qu'on ne présente plus et un featuring de taille dont on parlera plus tard ! Toujours est-il que ça faisait longtemps que le premier morceau d'une galette m'avait autant séduit. Vous savez ce premier morceau qui sent bon la liberté et où les groupes sortent un peu des codes pour se lâcher et offrir autre chose. "Tell Me Why" fait partie de ces titres là. Metal indus à souhait, le ton est donné, et le son aussi. On sent parfaitement tout le travail qui a été fourni sur cet opus et c'est fort encourageant.

Des titres comme "Luna" et "Gone" sont aussi à mettre du côté industriel du groupe avec chacun des spécificités comme la langue, davantage d'éléctro. Ambiance piano classique pour "Pitbull" qui nous fait découvrir l'apport de la combinaison des deux voix dans un tel registre à savoir, un allègement des morceaux permettant de casser la monotonie mais aussi un apport mélodique. Dans une veine un peu plus néo-metal on trouve "Feel It", entraînant et un brin entêtant un titre fort agréable, sans prise de tête, tout comme "Sandu Porcu" où je n'ai pas pu m'empêcher à la BO que Clint Mansell avait concocté pour le film Requiem For A Dream. On arrive au moment tant attendu où K.Lee et Daniel de Tripod, Mat de Babylon Pression, Kallaghan de Sikh et enfin la charmante Candice de Eths viennent prêter voix forte au titre "East West". J'avais un peu peur de trouver un foutoir auditif mais ces craintes sont vite estompées avec ce titre pas commun où cette poignée d'artistes que l'on aime tous s'en donne à cœur joie. Mister Kallaghan repose d'ailleurs sa voix sur "UB" dont certains samples sont tirés du titre folk "Cine Iubeste Si Lasa". Plutôt engagé, on rencontre également "Manifest" dont est tiré un des clips (probablement le plus intéressant des trois) et dont "New Millenum" n'est autre que sa longue introduction. La piste est bien menée et la voix claire du groupe donne tout son sens à la rythmique choisi. Il existe aussi des morceaux possédant un petit charme inexplicable, et "Burning" en est un bon exemple. L'album se ferme sur "Bolnav" qui, au delà de son petit goût de terroir local, est un titre qui fonctionne très bien.

Petit regret tout de même à l'égard de ce "Same Shirt Different Day" provenant des guitares. Les distorsions sont tellement poussées que l'écoute prolongée du skeud à un volume élevé peut devenir usant pour nos fragiles organes auditifs. Pour le reste, cet opus qui a une fesse sur la chaise néo-metal et l'autre sur une chaise metal-indus tire son épingle du jeu avec brio et le folklore qui le saupoudre permet même d'affirmer qu'il en tire deux ! Un soupçon de maturité en plus et le groupe devrait casser la baraque (oui je sais cette expression est totalement has been). Dirty Shirt, avec cet album réussi, devrait conquérir les écoutilles du public hexagonal et balayer une bonne fois pour toute de nos esprits ces trois couillons qui chantaient sur une aile d'avion.


Kévin
Décembre 2011


Conclusion
Note : 15/20

Le site officiel : www.dirty-shirt.com