Le groupe
Biographie :

Deep In Hate est un combo de la région Parisienne qui a su se montrer, au fil des quelques années de son existence, dévoué à la cause de cette musique technique, rigoureuse mais si jouissive qu'est le brutal death metal. Fondé en 2004, le groupe n'a eu de cesse que se forger une identité musicale et scénique propre. Fort d'un premier album intitulé "Only The Strong Survive", lui ayant permis de se faire connaître et surtout de donner un nombre intéressant de représentations, Deep In Hate peut se targuer de vouloir développer dans nos contrées un death plus moderne, influencé par ce qui se fait sur la scène Outre-Atlantique, où la technique et la virtuosité du death sont agrémentées de puissants et groovy riffs hardcore. Influence new-school d'ailleurs mise d'avantage en avant sur les nouvelles compos du groupe, présentes sur le nouvel album "Origins Of Inequality", à paraître en Avril 2011 chez M&O Music.

Discographie :

2007 : "Only The Strong Survive"
2007 : Compilation French Metal "Hors des sentiers battus"
2011 : "Origins Of Inequality"


Les chroniques


"Origins Of Inequality"
Note : 13,5/20

Quatre années après "Only The Strong Survive", voici le retour en fanfare de Deep In Hate. Le combo Parisien a gardé sa rage en ce qui concerne son brutal death, mais a quelques peu tourné son style vers des choses plus deathcore technique que l'on entend sur les rythmiques syncopées. Disons que ce qui était moins perceptible sur le premier album et plus développé sur celui-ci. En terme de présentation, il n'y a rien à redire, c'est effectivement superbement bien présenté. Le digipack est somptueux, simple mais beau, avec ce jeu entre blanc et noir, très classieux. En terme de production, là non plus, il serait difficile de faire plus pointilleux, le son respire le propre, on sent même la marque des composants qui ont été soudés dans les micros et les particules présentes dans la mousse qui a insonorisé le studio. Alors comme le disait l'expression populaire d'il y a quelques années et qui a une fâcheuse tendance à disparaître : il n'y a pas à tortiller du cul, la route est droite et Deep In Hate joue une musique brutale. En revanche si leur musique extrême s'apparentait à du death brutal technique sur le premier album, celui-ci paraît beaucoup moins évident dans son approche aujourd'hui.

Le groupe s'est éloigné d'une structure typiquement brutal death metal pour s'orienter vers quelque chose de plus particulier, de plus isolé en matière artistique . Si l'ensemble reste malgré tout violent et technique on a une grosse impression que les riffs sont mis bout à bout sans thème particulier, on a du mal en fait à découvrir la chanson et à en suivre le cours. La demonstration de rapidité à la batterie ou sur les riffs très microscopiques dans la durée, tels des frappes chirurgicales se fait parfaitement, mais c'est plus la couture qui relie ces fils conducteurs que l'on a beaucoup de difficulté à discerner. Peut-être que c'est chose facile pour un guitariste, mais c'est nettement évident pour l'auditeur lambda, et il y en a plus qu'on ne pourrait le croire. Certains passages sont encore assez proches de trucs de fou à la Dying Fetus comme sur "Legions Of The Weak", morceau très complet et riche en complexité, mais la grande majorité des chansons de l'album "Unworthy Species", "Lobotomizing The Masses" sont parfois un peu indigestes, parce que difficilement compréhensibles ; Alors que des titres tels que "Sand Of Time" montrent une puissance redoutable dans la pose d'une ambiance sur fond de bulldozer à la double pédale déchenillée. C'est en restant malgré tout sinueux dans son death, mais plus limpide dans ses rythmiques que Deep In Hate et plus efficace en fait. Et donc l'avis risque d'être pas mal mitigé sur cet album. Tiraillé entre trop de technique qui en bouffe la mélodie, au détriment d'une compréhension logique, l'auditeur risque de mal interpréter la démarche et se lasser plutôt rapidement. C'est quelque part plutôt dommage, parce qu'indépendamment de ça, "Origins Of Inequality", pourrait être un album avantgardiste dans le mix death / deathcore brutal techniquement déroutant. Heureusement que dans tout ça on découvre un moment de fraîcheur, le bol d'air utile et salutaire qui nous permet de remonter en surface voir le soleil et respirer un bon coup avec "For Our Fathers", un titre instrumental très aérien, acoustique, où l'on pourrait se demander ce qu'il fait là tellement il est reposant.

Les vocaux restent quant à eux majoritairement des growls gutturaux et ne viennent qu'à de rares instants fugaces se présenter aux ports du squeal de laie en détresse, et c'est aussi bien. Avec une grosse préférence pour les titres comme "Seven Days Of The Talion" plus proches du brutal death avec un solo de rêve, ou encore "From Above The Anthill" parce que c'est du matos imposant comme celui-là qu'on aurait voulu tout du long, Deep In Hate est un petit peu à part dans la scène avec la sortie d'un tel album. Et je pense qu'il faudra bon nombre d'écoutes avant d'en connaître les moindres recoins et d'en comprendre toute la teneur... A voir avec le temps...


Arch Gros Barbabre
Avril 2011




"Only The Strong Survive"
Note : 17/20

C'est avec un certain plaisir que je découvre Deep In Hate, groupe de brutal-death, puissant, technique et sauvage. Dès le premier morceau on est pris dans une spirale de riffs accrocheurs et techniques à souhait, de quoi concurrencer les plus grands groupes de death Américains. A mi-chemin entre Kronos et Recueil Morbide, les plans varient et chaque morceau a une structure bien à lui, empruntant ici et là dans diverses influences musicales. On fera même un petit détour vers un style plus Gojirien sur "Hopeless Addiction", morceau très puissant mais aussi très planant. Le tout est mené par une voix gutturale très profonde et une batterie qui soutient le tout par une structure et une technique impeccable. Un grand bravo aussi pour la production qui est vraiment nikel, chaque instrument ressort bien sans monter sur les autres. Un groupe à suivre de très près (quitte à leur coller au cul) et à absolument aller voir sur scène, ça doit envoyer du lourd !


Paradoxis
Juillet 2007


Conclusion
L'interview : Flo

Le site officiel : www.deepinhate.com