"A Passage To The Towers"
Note : 15/20
Fort d’une signature sur l’excellent et prometteur label Ancestrale Production à qui l’on doit notamment le premier effort d’Arganork (que j’avais eu le plaisir de chroniquer dans nos pages), voici venir du sud de nos contrées le trio Darkenhöld avec son premier album sous le bras. Après examen du CV de ces messieurs on réalisera qu’on a pas véritablement affaire à des inconnus puisque la formation intègre dans ses rangs Aldébaran (ex-Artefact) et avait sorti déjà deux splits CD aux cotés de Fhoi Myore et des excellents Naastrand.
L’album débute sur une très belle intro acoustique, fortement évocatrice, et le moins que l’on puisse dire c’est que cet adjectif sied bien à la formation. En effet tout au long de ces 10 titres le combo n’aura de cesse de faire voyager l’auditeur et de lui faire pénétrer son univers personnel… Sans parler de concept à proprement parler, on envisagera cet album comme un périple en d’anciennes terres riches en mythes et légendes.
Le voyage se fera donc ici au moyen d’un black metal épique et mélodique alternant parties sauvages et mid-tempo davantage propices à l’évasion… De très belles parties de guitare acoustique viennent d’ailleurs illustrer ce côté onirique tout en renforçant l’atmosphère médiévale des compositions.
Il est a souligner que le mix assuré par l’illustre Neb Xort du non moins célèbre Drudenhaus Studio est une fois de plus de qualité. Concernant l’exécution à proprement parler, il s’agit sans conteste d’un des points forts de cette galette, on sent une véritable expérience musicale et chaque instrument sonne juste et à sa place. Le sieur Aldébaran livre ici d’ailleurs un impressionnant travail d’homme orchestre, nous gratifiant ici et là de superbes soli ou riffs très épiques. Le chant de Cervantes, sans être transcendant, remplit plus que convenablement son rôle, notamment par l’apport de chœurs "pagan" du plus bel effet. Je suis toutefois un peu sceptique quant à l’emploi de la langue Anglaise. Peut-être que le choix du Français (en ayant bien sûr conscience de sa complexité et de ses limites) eut été plus opportun afin de nous faire partager la richesse des textes et toute leur teneur poétique ? Le jeu de batterie déployé par Aboth s’avère très intéressant de par la variété des rythmes utilisés (un bon exemple de ce savoir faire sera pour moi la piste 10 "Sorcery" qui clôture l’album. L’un des autres atouts majeurs du groupe est cette facilité assez déconcertante à multiplier les nombreux breaks et autre changements de rythme au sein d’un même morceau, assurant ainsi à l’auditeur une écoute très agréable et riche en rebondissements car dépourvue de lassitude au long des 40 minutes que dure l’album.
Coté influences, cette galette parlera sans nul doute aux amateurs de black mélodique (dont je fais partie), ces nostalgiques d’une période bénie des années 90 et de groupes comme Emperor, Ancient, Wallachia ou encore les excellents Mephistopheles (période "Landscape Symphonies"). Darkenhöld ne se cache d’ailleurs pas de l’influence de différents groupes puisqu’ils leur rendaient hommage sur leurs précédents splits, ce qui est pour moi une preuve de très bon goût ! Le constat s’impose et l’on peut assurément dire que ce premier effort remplit parfaitement son rôle de voyage musical et que fan de black épique y trouvera son compte.
J’ajouterais cependant, pour faire la fine bouche, qu’il m’a manqué un petit je ne sais quoi pour déchaîner ma passion quand bien même cet opus regorge de qualités et qu’il est fort à parier que l’univers de Darkenhöld n’a pas encore dévoilé toute sa richesse et ses mystères. Un groupe à suivre de très prés donc, tant l’avenir semble prometteur s’il persiste dans sa voir personnelle et d’aussi bonne facture musicale.
"Of Citadels..."
Note : 11/20
Le logo est original, il y a une bonne prise de risque : insérer une forteresse dans celui-ci. La pochette est moche malgré un effort certain sur le jeu de fondu et l'ombre portée du logo. Le cadre autour de ce château ne le met vraiment pas en valeur.
Le titre "Of Citadels..." est en adéquation avec la musique. Certes Darkenhöld c'est épique, pagan, mais à la limite du death mélodique. Forcément après un groupe comme Naastrand, ce groupe ne peut que être dévalorisé. En effet, comparativement celui-ci manque de brutalité, peut être trop calme, de toute évidence il manque quelque chose.
Le défaut a été d'accoler ces deux groupes sur un même split. Seul oui, Darkenhöld serait mieux digérable, même si malheureusement c'est du "déjà entendu".
Musique trop gentille, il n'y a pas suffisamment de force et de puissance, malgré une recherche de riffs. Darkenhöld est très pagan mais pas suffisamment metal.
A noter, un bel effort de la description musicale sur leur site web. Cependant se prétendre "black metal", on ne voit pas en quoi ? Peut-être la voix , et encore celle-ci est plus proche du death. Il y a beaucoup trop de clavier : pourquoi ne pas se servir de celui-ci seulement pour une mise en place dans l'ambiance. D'autant plus que le gratteux a quelques bons riffs qui ne sont pas suffisamment exploités.
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