"A Cry For The Slain"
Note : 19/20
Le vent souffle à nouveau pour Cnoc An Tursa. Neuf années ont passé depuis leur dernière oeuvre, mais Rene McDonald Hill (guitare / clavier, ex-Saor et Fuath en live), Alan Buchan (guitare, Ruadh) et Bryan Hamilton (batterie, Ruadh, ex-Barshasketh, ex-Saor et Fuath en live) sont désormais prêts à nous révéler leur troisième album, "A Cry For The Slain", toujours avec le soutien d’Apocalyptic Witchcraft Recordings.
Les mélodies aériennes de "Na Fir Ghorma" (“Les hommes Ghorma” en mannois) emplissent doucement l’air, accueillant une voix angélique puis les premiers riffs assez épais quoique très calmes en comparaison avec ceux qui présentent "Caoineag", nous emportant dans leur fureur à vive allure. Les hurlements d’Alan ne tardent pas à suivre, offrant une touche viscérale à une rythmique changeante mais enivrante, et bien qu’elle semble parfois assez froide, elle ne manquera pas de nous captiver à chaque instant, même lorsque le break acoustique apparaît, laissant à nouveau la saturation faire rage. Dissonance et touches mélodieuses se répondent naturellement dans les passages les plus virulents comme dans les moments de flottement, puis c’est avec "Cailleach And The Guardians Of The Seven Stones" que les tonalités épiques reviennent à une approche plus old school du black metal, usant de patterns saccadés mais également de claviers bien plus majestueux pour contrebalancer l’assaut, comme une sorte de refuge lors de la charge guerrière. Les harmoniques sont toujours présentes de temps à autre, puis elles viendront adoucir la marche de "Baobhan Sith" et son allure d’abord modérée, puis finalement bien plus brusque et irrégulière, comptant sur un duo basse / batterie très efficace et hypnotique, mais également sur des choeurs oniriques.
Le solo travaillé viendra nous sortir de notre rêverie, suivi par un break apaisant avant la reprise des hostilités qui mènera finalement à "Am Fear Liath Mòr", titre bien plus joyeux lors de ses premiers instants, qui conserve cette touche guillerette même lorsque parties vocales féroces et patterns agressifs apparaissent, à l’inverse de "Alba In My Heart" qui s’ancre dans des racines folk plus pesantes, mais aussi des claviers bien plus enivrants et imposants. Les refrains plus lents mais extrêmement fédérateurs seront du plus bel effet avant la longue partie finale instrumentale qui mène naturellement à la bien plus sombre et virulente "Address To The Devil" où l’on retrouve le côté malsain du black metal qui souligne les touches les plus martiales de la composition tout en lui permettant un magnifique passage bien plus apaisant, renforçant le retour de la saturation pour un final en apothéose, où le vocaliste scande ce "drag me under" si enivrant. L’album n’est cependant pas encore terminé, car "The Nine Maidens Of Dundee" nous propose trois minutes de quiétude aux claviers qui s’allient pour nous laisser doucement sortir de cet univers fantastique, mettant cette fois-ci un terme à notre voyage.
Mené d’une main de maître par son trio, Cnoc An Tursa nous offre enfin une nouvelle étape de l’aventure écossaise débutée il y a vingt ans. Pour peu que vous soyez réceptifs, "A Cry For The Slain" va vous emporter dans une véritable épopée fantastique.
"The Giants Of Auld"
Note : 11/20
Après une démo en 2008, les Ecossais de Cnoc An Tursa sortent leur premier album "The Giants Of Auld".
L'opus débute avec "Piper O' Dundee", il s'agit d'une introduction toute en douceur qui s'électrise sur la fin pour annoncer "The Lion Of Scotland", le deuxième morceau.
Mélodique et folk à souhait, ce titre est vraiment entraînant !
Les orchestrations en arrière-plan sonnent plutôt symphoniques, ce qui donne une ambiance aérienne en plus.
On découvre pour la première fois le chant qui n'est pas exactement comme on se l'imaginait pour un groupe de black metal.
En effet il sonne plus deathcore...
Ensuite, on part sur un tempo plus rapide avec le titre "Bannockburn".
Plus froid, il s'agit assurément du morceau le plus sombre, allant vers un black metal atmosphérique.
"Hail Land Of My Father" est un morceau assez changeant avec des riffs appuyés et parfois saccadés,
le tout est porté à plusieurs moments par le clavier.
Les guitares sonnent plus rock sur "Ettrick Forest In November" avec un petit côté heavy.
Il y a un tel mélange de styles que cela devient indigeste...
et la voix n'arrange pas les choses...
"The Spellbound Knight" se compose de nappes de clavier avec quelques riffs,
et heureusement que la batterie donne un peu de peps car là on s'ennuie.
Ce titre est plutôt calme avec des ambiances tout de même sympathiques mais trop linéaires,
et puis on revient enfin vers quelque chose qui ressemble à du black.
Ce titre est simple mais efficace et énergique avec une fin plus atmosphérique.
Planant, "Winter-A Dirge" est un bon morceau et c'est bien dommage que le chant gâche ce joli ensemble.
En effet, encore plus sur ce titre, la voix ne colle pas avec la musique.
Tout comme le premier morceau, "Culloden Maor" a ces sonorités folk que l'on aime tant.
Il y a une bonne énergie avec de vrai variations.
Et on finit avec "Blar No H - Eaglaise Brice", une jolie outro de flûte reposante.
Après écoute, on peut relever deux points négatifs à cet opus.
Pour commencer, on se pose réellement des questions sur le style de ce groupe...
On a du mal à retrouver "le black folklorique" de la description.
En effet, à part dans quelques rares morceaux, il n'y a rien de black ou de folk
et l'on a beaucoup de mal à définir les autres.
Le deuxième et le plus important : le chant !
En effet, celui-ci ets vraiment déroutant et sce rapproche plus du deathcore que du black habituel.
Oui, ça change... mais c'est une voix particulière et cela ne plaît pas à tout le monde,
et il y a un décalage avec la musique, ce qui n'est pas harmonieux du coup.
"The Giants Of Auld" est un album plutôt décevant bien que quelques titre sortent du lot.
Il y a des incohérences au fil des titres qui nous déroutent tellement que cela devient brouillon.
Cet album manque de passages réellement accrocheurs qui nous feraient voyager dans leur monde, qui reste pour l'instant infranchissable.
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