"Blunt Force Trauma"
Note : 16/20
Cavalera Conspiracy, rien que le nom Cavalera est suffisant pour faire pousser des boutons à certaines personnes ces dernières années... Il suffit de voir les critiques du dernier album de son groupe principal "Omen". Ici par curiosité j'ai regardé d'autres critiques du dernier CC et évidemment les gens crachent dessus, j'ai même lu un truc du style "les nouveaux métalleux pourront peut-être aimer tandis ques les vrais métalleux n'écouteront pas cette merde". Alors j'ai 32 ans, j'écoute du metal depuis mes 12 ans alors je ne sais pas si je peux me qualifier de "vrai métalleux" mais je vais tout de même essayer de donner mon avis sur cette galette.
Cet album s'appelle "Blunt Force Trauma" et réunit encore une fois les deux frères Igor et Max de feu Sepultura, car oui, pour moi, Sepultura n'existe plus... Le groupe qui tourne sous ce nom n'a rien à voir avec celui qui a splitté en 1996 et ils auraient dû changer de nom mais ça c'est un autre débat.
Je ne vais pas y aller par 4 chemins, "Blunt Force Trauma" est un album primitif mais est ce vraiment une mauvaise chose ?
L'album s'ouvre sur "Warlord", un titre mid-tempo qui s'accélère sur les refrains, chanson très lourde (dans le bon sens du terme) et enchaîne sur "Torture" où ça va beaucoup plus vite et fait un peu genre coup de poing dans la gueule. Riff rapide et batterie tel un metronome au programme. Cavalera Conspiracy reste fidèle à son premier album, mélangeant thrash old school avec un un sacré côté punk "je-m'en-foutiste", en effet ici on n'est pas là pour faire dans la dentelle. Max est fidèle à lui même, vociférant à tout va, beuglant, il n'a jamais fait dans la dentelle et il n'est pas près de commencer. Marc Rizzo est aussi reconnaissable entre mille avec ses solos bien particuliers, certains n'aiment pas, d'autres oui. J'ai même lu une fois que ses solos ressemblaient à des sons de jeux vidéo, ce à quoi je répond qu'il faut s'acheter des oreilles... Je ne suis pas over fan des solos de Rizzo mais ils sont suffisamment efficaces pour me faire plaisir. Igor frappe juste avec un bon groove, je regrette le manque de double pédale mais ça, c'est la même chose que sur le premier album, peut-être pour garder le côté punk je ne sais pas. Roger Miret, leader d'Agnostic Front, fait un duo sur le titre "Lynch Mob", excellent titre au passage. Si on devait résumer cet album je citerais le titre "I Speak Hate", cet album est un contentré de haine et de rage, n'en déplaise à certains. A noter la cover de "Electric Funeral" de Black Sabbath, je n'ai pas été très convaincu, mais je n'aime pas des masses l'original non plus donc...
Alors oui, certains reprocheront à Max de toujours faire la même chose, certes mais il le fait bien. J'ai rarement entendu des gens reprocher ce genre de chose à AC/DC par exemple, alors qu'ils sortent le même album depuis 20 ans et il y en a d'autres. Alors si vous voulez un album primaire, agressif et violent je vous conseille de jeter une oreille sur cette galette, pas l'album de l'année mais du bon matos. Pour les autres, ceux pour qui cracher sur Max est devenu une mode je rappellerai le dicton : "Adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré".
"Inflikted"
Note : 11,5/20
Mars 2008. Les frères Brésiliens Cavalera sont de retour en haut de l’affiche. Ensemble dans un même line-up pour la première fois depuis 1996 et l’album "Roots" de Sepultura, dernier du groupe auquel participa Max, l’aîné. L’instant est historique, et pour les fans, de Sepultura comme de Soulfly, cette grande nouvelle ne peut passer inaperçue. Les plus rêveurs attendent du lourd ; les pessimistes, eux, voient là un gros coup marketing (et donc une bouse musicale). Pour tout avouer, j’étais moi-même fébrile à la première écoute. Ce d’autant plus que Max et Igor ont recruté dans les rangs des frenchies les plus incontournables du moment, j’ai nommé Gojira. Notre Joe Duplantier national y assure en effet les lignes de basse, et ce quart de sang hexagonal dans les veines du combo justifie cette chronique ici.
D’abord, il faut le concéder, "Inflikted", le premier bébé de cette réconciliation, est énergique et efficace ("Inflikted", "Nevertrust", "The Doom Of All Fires"), même brutal (un atout chez les Cavalera, qui on le sait, n’ont jamais fait dans la dentelle). Il livre quelques perles. "Black Ark" par exemple ravit les fans de Sepultura, avec la voix éraillée de Richie, beau-fils de Max, qui apporte un peu de répit à nos oreilles et de cachet à la chanson, et au sein de laquelle on retrouve les accents tribaux chers à Igor ; quant à sa fin, elle frôle un son doom bien senti, qui se poursuit sur une sorte d’incantation et un solo de toute beauté… "Ultra – Violent" nous offre un très joli clin d’œil au style death mélodique de Gojira (avec Joe au chant et à la gratte et Rex Brown, ex-Pantera, Down, à la basse) Si la performance à la basse du Français reste somme toute assez discrète, son apport dans la composition ainsi que sur les backing vocaux est donc non négligeable. Enfin, le soulflyesque "Bloodbrawl" nous colle une jolie claque, avec son passage acoustique très doux à la fin et sa "petite touche flamenco" et salsa, et se clôture sur un didgeridoo prompt à nous rappeler les origines indigènes revendiquées par la musique cavaleresque. Marc Rizzo, virtuose, épatant, déchire à la rythmique ; ses solos sont époustouflants quand on leur laisse un peu de temps, quoique malheureusement surmixés.
Certains titres sortent donc du lot, mais au final, l’album n’est pas une réussite. D’abord, malgré le "retour" d’Igor, qui a quitté Sepultura en 2006, on n’y retrouve pas (assez) la puissance, mais surtout la noirceur et la rythmique lourde (et tribale) d’un "Arise" ou d’un "Chaos A.D.". Raté, le retour aux "bloody roots". Ensuite, pas mal de morceaux sont assez faibles car manquent d’originalité : "Terrorize", "Hearts Of Darkness", "Must Kill"…
Les fans d’old school et de hardcore sont donc déçus (quoique "Sanctuary", "Hex", "Nevertrust" les toucheront), les amateurs de metal groovy plus moderne (ce que typiquement tout le monde a reproché à Max avec Soulfly) juste un peu moins… parce que, quoique l’album oscille entre l’un et l’autre, le mélange Sepultura – Soulfly penche nettement en la faveur de ce dernier, et quoique sous ma plume ça ne soit pas une critique. De ce point de vue, c’est surtout la puissance de l’écriture qui fait défaut : où sont donc passé les lyrics entêtants, et cette révolte, cette haine de tout et de tous qui habituellement détruit tout sur le passage d’un Cavalera ? Du bon, donc, au vu de ce que Soulfly avait produit avant cela, du moins bon quand on pense à tout le barouf de Roadrunner Records autour de la réunion "miraculeuse" des deux frangins, et quand on écoute le dernier Soulfly, sorti en Août.
Six mois après, où en est-on ? L’album a reçu un accueil plutôt mitigé. En Août, le groupe, nom de code Cavalera Conspiracy, a été obligé d'annuler des dates Australiennes et Néo-Zélandaises en ouverture de Judas Priest… L’album n’a même dépassé dans aucun pays du monde la 20ème place des charts (et est resté bloqué à la 72ème aux Etats-Unis).
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