Le groupe
Biographie :

Cannibal Corpse est un groupe de brutal death metal américain fondé en 1988 par Chris Barnes, Bob Rusay, Jack Owen, Alex Webster et Paul Mazurkiewicz. Originalement de Buffalo, le groupe a par la suite déménagé en Floride. Cannibal Corpse est considéré, avec quelques autres, comme étant un groupe pionnier dans le death metal. Le groupe débute avec les albums "Butchered At Birth" et "Tomb Of The Mutilated" qui se vendront à eux seuls à un million d'exemplaires dans le monde. En 1993, le membre fondateur et guitariste Bob Rusay est renvoyé du groupe puis définitivement remplacé par le guitariste de Malevolent Creation, Rob Barrett. En 1995, pendant l'enregistrement de leur album "The Bleeding", le chanteur Chris Barnes quitte le groupe et est remplacé par le chanteur de Monstrosity, George "Corpsegrinder" Fisher. En 1997, Barrett, à l'origine le remplaçant de Rusay à la guitare, quitte Cannibal Corpse pour rejoindre ses anciens groupes Malevolent Creation et Solstice. Suite au départ de Barrett, il est remplacé par le guitariste Pat O’Brien, qui est apparu pour la première fois dans l'album de Cannibal Corpse en 1998, "Gallery Of Suicide". Le membre fondateur et guitariste Jack Owen quitte Cannibal Corpse en 2004 pour passer plus de temps avec son second groupe, Adrift. Il rejoint Deicide fin 2005. Jeremy Turner du groupe Origin le remplace temporairement comme second guitariste durant la tournée de l'album "The Wretched Spawn" de 2004. Barrett rejoint le groupe en 2005 et est présentsur l'album "Kill" sorti en Mars 2006. "Evisceration Plague" le 3 Février 2007, suivi d'un DVD live en 2011 intitulé "Global Evisceration". Cannibal Corpse poursuit avec l'album intitulé "Torture" le 13 Mars 2012. C'est en 2014 que paraît l'album "A Skeletal Domain", suivi en Novembre 2017 de "Red Before Black".

Discographie :

1990 : "Eaten Back To Life"
1991 : "Butchered at Birth"
1992 : "Tomb Of The Mutilated"
1993 : "Hammer Smashed Face" (EP)
1994 : "The Bleeding"
1996 : "Vile"
1998 : "Gallery Of Suicide"
1999 : "Bloodthirst"
2000 : "Live Cannibalism" (Live)
2002 : "Gore Obsessed"
2002 : "Worm Infested" (EP)
2003 : "15 Year Killing Spree"
2004 : "The Wretched Spawn"
2006 : "Kill"
2009 : "Evisceration Plague"
2012 : "Torture"
2014 : "A Skeletal Domain"
2017 : "Red Before Black"


Les chroniques


"Red Before Black"
Note : 19/20

Je suis certain que le temps que Cannibal Corpse ne sorte un nouvel album, le temps vous a paru aussi long qu'à moi. Pendant trois ans, nous avons dû attendre de nouveaux titres de cette légende du death metal. Dès 1988, Alex Webster (basse, jouant aussi avec Conquering Dystopia) et Paul Mazurkiewicz (batterie) n'ont eu de cesse d'enchaîner les prouesses techniques en les mélangeant avec des riffs gras et lourds. S'ils n'ont recruté Rob Barrett qu'en 1993 (ex-Malevolent Creation), Georges "Corpsegrinder" Fisher (chant) en 1995 après le départ de l'emblématique Chris Barnes et Pat O'Brien (guitare, ex-Monstrosity, ex-Slayer, ex-Nevermore en 1997), le groupe a su garder son identité, et c'est ce qui fait la joie des fans même avec "Red Before Black", leur quatorzième album. Retenez votre souffle, car c'est le trentième anniversaire qui arrive à grands pas !

On commence tout en finesse avec "Only One Will Die" et sa rythmique tout aussi torturée et chiadée qu'au début. Les riffs des Américains nous avaient manqué, et la voix de Corpsegrinder fait toujours autant plaisir à entendre. Le solo final, tout en vitesse, enchaînera parfaitement avec "Red Before Black", le titre éponyme. Encore une fois, c'est dans la puissance et le son de basse que le groupe se concentre, alors que les hurlements sont à leur habitude d'une violence inouie, tandis que "Code Of The Slashers" fait confiance aux sonorités des riffs du groupe pour s'imposer, même en ralentissant le tempo. Et c'est clairement chose faite, avec quelques petites harmoniques bien senties, jusqu'à l'accélération qui tirerait presque vers le death mélodique. "Shredding Human Skin" vous enlèvera peu à peu l'épiderme grâce à ses riffs acérés, tandis que les blasts qui arrivent à des moments bien choisis définissent quelle partie de votre corps sera la prochaine. Si c'est encore une fois un titre lourd mais lent dont vous avez besoin, l'introduction de "Reanimed" est parfaite pour vous. Plus jamais vous ne sous-estimerez un titre qui débute lentement, voire même avec des accents aériens. Le larsen final colle à merveille avec le début de "Firetorm Vengeance", qui joue sur les palm mutes pour séduire. Pas besoin d'en dire plus, "Heads Shoveled Off" fera largement le travail avec une rythmique aussi travaillée qu'à l'accoutumée, pendant que le basse d'Alex Webster fera son office. Si je vous laisse avec "Corpus Delicti", dans quel état vais-je vous retrouver ? A mon avis, il est préférable d'attendre un autre concert si celui-là est votre premier, mais "Scavenger Consuming Death" et sa rythmique menée par la basse est tout simplement monumentale. Tout aussi imposant qu'une guitare lead, l'instrument d'Alex Webster ne se permettra pas la moindre fausse note, allant même jusqu'à doubler les guitares totalement. Les passages où il est mis en valeur sont plutôt inspirants. Pas de pause, pas de manque de motivation, "In The Midst Of Ruin" débute avec les riffs torturés que le groupe connaît bien jusqu'à présent, mais nous offrira un break en slide à la basse qui en réveillera plus d'un avant "Destroyed Without A Trace" et sa rythmique rapide. Enfin, le dernier morceau, "Hideous Ichor", donne envie d'aller en plein milieu de la fosse pour cogner. Ses riffs sales et les hurlements de Corpsegrinder sont suffisants pour réveiller les bas instincts qui sommeillent en nous.

Pourquoi demander du changement dans la composition ? Pourquoi avoir besoin de taire une puissance aussi brute que technique ? Si Cannibal Corpse n'a pas la réponse, alors je me soucie de l'avenir de l'humanité ! Un excellent album qui ravira les fans du groupe, toutes périodes confondues.


Matthieu
Octobre 2017




"A Skeletal Domain"
Note : 18/20

Cannibal Corpse, comment ignorer un tel groupe quand on est amateur de musique extrême ? Comment ignorer un groupe qui (n’ayons pas peur des mots) a atteint aujourd’hui, à plus de 25 ans de carrière le statut amplement mérité de culte ? Cannibal Corpse c’est avant tout une carrière au service du death metal, une carrière au service d’une des branches les plus extrêmes du rock avec un grand R. Vous imaginez tout de même, plus de 25 ans de carrière pour un groupe de death ? C’est tout bonnement hallucinant, et ce n’est apparemment pas prés de s’arrêter... De sa première démo sortie en 1989, en passant par son premier album, le désormais classique "Eaten Back To Life" en 1990, à la sortie d'albums marquants depuis, de DVDs, d’apparition dans des films, de changements de personnel qui auraient pu précipiter la fin du groupe à la sortie d'une box anniversaire en 2013, que de chemin parcouru ! Et on est toujours là nous aussi, les fans de la première heure (comme moi) en Septembre 2014 pour présenter le nouvel album de Cannibal Corpse, "A Skeletal Domain".

Cannibal Corpse, en plus de 25 ans de carrière a quasiment tout connu : le succès d’estime, le succès commercial, les changements de personnel, la censure (et la connaît encore), les grandes tournées etc, mais Cannibal Corpse est toujours là, chacun des membres ayant continué à avancer pour le bien du groupe et ils ont eu raison ! Aujourd'hui, on peut observer que malgré toutes ces) embûches, Cannibal Corpse n’a plus rien à prouver, ils sont en roue libre, mais comme le dit si bien le batteur du groupe, Paul Mazurkiexwicz : il faut se battre pour ne pas se faire manger par les jeunes ! Cannibal Corpse (m') inspire une chose : Le respect.

En cette mi-Septembre, j’ai la lourde tâche de vous présenter leur treizième album (lucky number ?) avec encore et toujours (Cannibal Corpse est fidèle) le soutien du label Metal Blade. Autant vous le dire tout de suite, ce nouvel album est encore une fois une production sang pour sang qui dégouline... 12 titres, 44 minutes de pur death metal floridien qui non seulement arrache tout sur son passage mais qui démontre encore une fois que, malgré les années, le groupe a la rage et l’envie, et ça, c'est ancré au plus profond de chacun des membres : proposer le meilleur aux fans ; vous me direz, quoi de plus normal quand on sait que le groupe se voit tous les jours pour répéter... La petite nouveauté réside peut-être dans le fait que "A Skeletal Domain" est produit par Mark Lewis, plus habitué à travailler avec DevilDrider ou The Black Dahlia Murder et a été enregistré à l’Audiohammer Studio à Sanford. Cannibal Corpse fait donc une petite infidélité à Erik Rutan qui avait produit (entre autres), le censuré "Evisceration Plague" ou "Torture".

A l’écoute de ce nouvel album, on se rend compte que Cannibal Corpse confirme qu’il est bien une machine à concasser, durant les 12 titres on en prend littéralement plein la tête, on est balancé entre la grosse voix de George, les guitares acérées de Pat O’Brien et Rob Barret, le jeu de batterie réglé au cordeau de Paul Mazurkiewicz et la basse (qui ressort à merveille au mixage) d’Alex Webster. Imaginez un peu : pour l’écriture et la composition de ce nouvel album, tout le monde a apporté sa contribution, sa patte, sa touche. Il n’y a donc pas de leadership, Cannibal Corpse c’est une famille, un tout. Mais le résultat est là : un album qui fera date. Si comme moi vous êtes fan du groupe depuis longtemps, vous ferez le même constat, ce nouvel album est très bon. Si autrefois Cannibal Corpse se contentait quelque peu de bourriner, aujourd’hui Cannibal Corpse allie à merveille la puissance de son death à la technique. "A Skeletal Domain" renferme son petit lot de solos vertueux qui donnent un aspect presque mélodique à la musique du groupe ; tiens tiens, un peu à l’image de ce que Deicide réalise aujourd’hui sur ses derniers albums ; les méchants deviendraient-ils gentils ? Les nouveaux titres de "A Skeletal Domain" risquent littéralement de claquer en live, c’est certain. Écoutez les brûlots que sont "High velocity Impact Spatter" qui ouvre l’album, "A Skeletal Domain" où George montre une diction exceptionnelle et "Holloweed Bodies", un titre dans la pure veine Cannibalienne. Vous m’en direz des nouvelles... "A Skeletal Domain" est impressionnant de vitesse, de technique et de classe. Cannibal Corpse récite sa leçon sur le bout des doigts et prouve une nouvelle fois qu’il est au top du death metal, que le groupe est en quelque sorte le taulier de la musique extrême. "A Skeletal Domain" : du Cannibal Corpse taille patron.

En résumé, "A Skeletal Domain" est un très bon cru, Cannibal Corpse démontre encore une fois que le death metal est la plus belle musique au monde, qu’elle peut aussi bien trancher dans le vif qu’éviscérer des corps tout en se montrant technique et bien sûr puissante. Un nouvel opus un cran au-dessus des dernières productions du groupe (dû au changement de producteur ?), un plaisir malsain de très très haute volée. Nul doute que ce nouvel album va marquer les esprits. Metal Blade a encore vu les choses en grand pour "A Skeletal Domain" : éditions luxueuses numérotées, édition CD, édition vinyle, MP3... il y en a pour toutes les bourses et ça, on apprécie ; vraiment. Cannibal Corpse nous gratifie encore une fois d’un visuel à faire frémir les plus jeunes (une création de Vince Locke), vive l’édition vinyle pour le coup. Voilà les amis, comme on dit, la messe est dite, un conseil : jetez-vous sur "A Skeletal Domain". Pour fêter la sortie de ce nouvel album, je m’en vais de ce pas me faire une intégrale Cannibal Corpse. A ce sujet, savez-vous que "The Bleeding" est présent sur une liste contenant 10 albums à écouter avant de mourir ? Grande classe, non !? Un groupe hors-norme pour une carrière qui ne l’est pas moins...


Vince
Septembre 2014




"Torture"
Note : 19/20

C’est certainement l’une des sorties d’albums les plus attendues de cette année 2012 .Après 3 ans de silence, Cannibal revient et pas sur la pointes des pieds et plutôt décidé à nous taner les fesses à grands coups de pompes. Retour déjà marqué par leur participation au Full Of Hate Tour au côté des Polonais de Behemoth d’où certains, notamment lors de leur show à Paris, sont ressortis avec les oreilles et les nez qui saignaient. "Torture" est distinct de ce qu’a pu nous proposer Canniboule par le passé d’abord par l’artwork, toujours réalisé par leur copain déglingué Vincent Locke qui, pour cette pochette, se la joue je trouve assez soft et sobre niveau gore (si on compare cette pochette à celle de "Wretched Spawn", y'a pas photo). Les amateurs du genre peuvent être un tantinet déçus par ce manque de prise de risque, car, nous le savons, que les pochettes de Cannibal sont toujours sujettes à médiatisation et interdictions.

Distinct aussi par le titre des morceaux. Au fil de ses albums, Cannibal nous a habitués à des formules fleuries et poétiques comme "Meat Hook Sodomy", "Fucked With A Knife" ou encore "Post Mortal Ejaculation". Ici, c’est encore assez recherché mais moins violent et subversif et c’est d’ailleurs une tendance qu’on peut observer depuis quelques albums. Distinct par la production aussi qui est tout simplement excellente et on la doit à Erik Rutan de Hate Eternal qui a su sublimer les partitions ultra mélodiques et riches de Cannibal. Tous les instruments s’entendent clairement et notamment la toujours aussi rapide et technique basse de Alex Webster dont on peut apprécier la virtuosité sur "Strangulation Chair". La batterie n’est pas en reste et nous envoie des gros blasts super soniques et chaotiques en pleine face qui donne une intensité gigantesque à leur musique mais aussi passe d’un tempo lent à des rythmes très véloces facilement. Les guitares, quant à elles, excellent avec des passages en sweping superbes et précis. Des rythmes ultra-soutenus laissent placent à des mélodies lourdes et lentes comme sur "Demented Agression". L’ambiance plus dark et posée de "Scourge Of Iron" est surprenante et unique sur cet album. Une débauche de technique brutale nous est proposée et le tout de façon audible sur "Followed Home They Killed" malgré cette rapidité et cette brutalité caractéristique des gars de Buffalo. Car on pourrait craindre que le tout vire au gros cafouillage brouillon inaudible avec toute cette agressivité mais non. La clarté du son permet vraiment de disséquer précisément les compositions et surtout nous proposent là des sonorités moins dépressives, sales et sombres que par le passé mais toujours en sauvegardant cette brutalité puissante si chère et surtout cette pâte qui fait que l’on reconnaît Cannibal dès les premiers accords. A ce support musical de death traditionnel sans grosse surprise quand même, car oui hein, on le sait que Cannibal sait faire dans le technical et surtout dans du très bon technical, CorpseGrinder "pose" sa douce voix , savant mélange d’aboiements gutturaux mais aussi de cris plus aigus. Là aussi, l’avancé technique des vocals est remarquable. On a moins l’impression que sa gorge est remplie de bile amère comme par le passé mais plutôt d’une grosse boule d’énergie décapante avec laquelle il nous baptise.

La technique et la précision sont les qualités constantes de ce nouvel opus. Un réel boulet de canon d’énergie pure totalement maîtrisée et exploitée de manière experte pour l’un des groupes fondateurs du genre qui n’a rien à prouver à personne excepté qu’il sait toujours nous surprendre et améliorer cette technique impeccable et efficace dont ils nous inondent depuis les 80’s. On n’écoute pas qu’une seule piste, on écoute en entier directement, on est happé tellement l’album est intéressant et stimulant auditivement parlant.


Maria & Poots
Mars 2012




"Evisceration Plague"
Note : 17/20

On sera toujours impressionnés par l'énergie déployée par ces Floridiens qui, depuis leurs débuts jusqu'à aujourd'hui, ont su conserver l'esprit et les thèmes propres au groupe et en parallèle, faire en sorte que chaque album soit une découverte. En écoutant "Evisceration Plague", on est d'emblée emporté par les blast beats furieux de Paul Mazurkiewicz et la section rythmique époustouflante de "Priests Of Sodom", le premier morceau.

La couleur est annoncée : un album sans concession, des solos de guitare parfaitement menés, des riffs destructeurs, un Corpsegrinder survolté, des compos à la structure inimitable, mises en relief par les lignes de basse de l'excellent Alex Webster et rythmées par une batterie surpuissante, que la production a mise à l'honneur pour ce nouvel opus. Le morceau éponyme, l'un des moins rapides de l'album, laisse place cependant à un riffing saisissant et impitoyable pour les cervicales, rejoint par un solo de guitare dévastateur qui vient nuancer l'effet bulldozer qui fait rage tout le long du morceau. Mention spéciale également au charismatique Corpsegrinder, à la puissance vocale incontestée, qui s'est surpassé en aiguisant son débit de voix, qui nous guillotine aussi sec notamment dans "To Decompose" et "Carrion Sculpted Entity".

Une technique peaufinée, des compos très loin d'être bâclées, une rythmique à couper le souffle, un album agressif et fidèle à l'esprit de Cannibal Corpse. Un indispensable pour tout metalhead qui ne craint pas pour sa nuque.


Delph
Février 2011


Conclusion
L'interview : Paul Mazurkiewicz

Le site officiel : www.cannibalcorpse.net