"Torture"
Note : 19/20
C’est certainement l’une des sorties d’albums les plus attendues de cette année 2012 .Après 3 ans de silence, Cannibal revient et pas sur la pointes des pieds et plutôt décidé à nous taner les fesses à grands coups de pompes. Retour déjà marqué par leur participation au Full Of Hate Tour au côté des Polonais de Behemoth d’où certains, notamment lors de leur show à Paris, sont ressortis avec les oreilles et les nez qui saignaient.
"Torture" est distinct de ce qu’a pu nous proposer Canniboule par le passé d’abord par l’artwork, toujours réalisé par leur copain déglingué Vincent Locke qui, pour cette pochette, se la joue je trouve assez soft et sobre niveau gore (si on compare cette pochette à celle de "Wretched Spawn", y'a pas photo). Les amateurs du genre peuvent être un tantinet déçus par ce manque de prise de risque, car, nous le savons, que les pochettes de Cannibal sont toujours sujettes à médiatisation et interdictions.
Dinstinct aussi par le titre des morceaux. Au fil de leurs albums, Cannibal nous a habitués à des formules fleuries et poétiques comme "Meat Hook Sodomy", "Fucked With A Knife" ou encore "Post Mortal Ejaculation". Ici, c’est encore assez recherché mais moins violent et subversif et c’est d’ailleurs une tendance qu’on peut observer depuis quelques albums.
Distinct par la production aussi qui est tout simplement excellente et on la doit à Erik Rutan de Hate Eternal qui a su sublimer les partitions ultra mélodiques et riches de Cannibal. Tous les instruments s’entendent clairement et notamment la toujours aussi rapide et technique basse de Alex Webster dont on peut apprécier la virtuosité sur "Strangulation Chair". La batterie n’est pas en reste et nous envoie des gros blasts super soniques et chaotiques en pleine face qui donne une intensité gigantesque à leur musique mais aussi passe d’un tempo lent à des rythmes très véloces facilement. Les guitares, quant à elles, excellent avec des passages en sweping superbes et précis. Des rythmes ultra-soutenus laissent placent à des mélodies lourdes et lentes comme sur "Demented Agression". L’ambiance plus dark et posée de "Scourge Of Iron" est surprenante et unique sur cet album. Une débauche de technique brutale nous est proposée et le tout de façon audible sur "Followed Home They Killed" malgré cette rapidité et cette brutalité caractéristique des gars de Buffalo. Car on pourrait craindre que le tout vire au gros cafouillage brouillon inaudible avec toute cette agressivité mais non. La clarté du son permet vraiment de disséquer précisément les compositions et surtout nous proposent là des sonorités moins dépressives, sales et sombres que par le passé mais toujours en sauvegardant cette brutalité puissante si chère et surtout cette pâte qui fait que l’on reconnaît Cannibal dès les premiers accords.
A ce support musical de death traditionnel sans grosse surprise quand même, car oui hein, on le sait que Cannibal sait faire dans le technical et surtout dans du très bon technical, CorpseGrinder "pose" sa douce voix , savant mélange d’aboiements gutturaux mais aussi de cris plus aigus. Là aussi, l’avancé technique des vocals est remarquable. On a moins l’impression que sa gorge est remplie de bile amère comme par le passé mais plutôt d’une grosse boule d’énergie décapante avec laquelle il nous baptise.
La technique et la précision sont les qualités constantes de ce nouvel opus. Un réel boulet de canon d’énergie pure totalement maîtrisée et exploitée de manière experte pour l’un des groupes fondateurs du genre qui n’a rien à prouver à personne excepté qu’il sait toujours nous surprendre et améliorer cette technique impeccable et efficace dont ils nous inondent depuis les 80’s. On n’écoute pas qu’une seule piste, on écoute en entier directement, on est happé tellement l’album est intéressant et stimulant auditivement parlant.
"Evisceration Plague"
Note : 17/20
On sera toujours impressionnés par l'énergie déployée par ces Floridiens qui, depuis leurs débuts jusqu'à aujourd'hui, ont su conserver l'esprit et les thèmes propres au groupe et en parallèle, faire en sorte que chaque album soit une découverte. En écoutant "Evisceration Plague", on est d'emblée emporté par les blast beats furieux de Paul Mazurkiewicz et la section rythmique époustouflante de "Priests Of Sodom", le premier morceau.
La couleur est annoncée : un album sans concession, des solos de guitare parfaitement menés, des riffs destructeurs, un Corpsegrinder survolté, des compos à la structure inimitable, mises en relief par les lignes de basse de l'excellent Alex Webster et rythmées par une batterie surpuissante, que la production a mise à l'honneur pour ce nouvel opus. Le morceau éponyme, l'un des moins rapides de l'album, laisse place cependant à un riffing saisissant et impitoyable pour les cervicales, rejoint par un solo de guitare dévastateur qui vient nuancer l'effet bulldozer qui fait rage tout le long du morceau. Mention spéciale également au charismatique Corpsegrinder, à la puissance vocale incontestée, qui s'est surpassé en aiguisant son débit de voix, qui nous guillotine aussi sec notamment dans "To Decompose" et "Carrion Sculpted Entity".
Une technique peaufinée, des compos très loin d'être bâclées, une rythmique à couper le souffle, un album agressif et fidèle à l'esprit de Cannibal Corpse. Un indispensable pour tout metalhead qui ne craint pas pour sa nuque.
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