Le groupe
Biographie :

Blut Aus Nord est un groupe de post-black metal Français originaire de Mondeville (Normandie), formé en 1994 sur les cendres de Vlad. Blut Aus Nord est un groupe Français mystérieux qui a toujours mis un point d’honneur à brouiller les pistes, autant dans leurs albums qu’à un niveau extra-musical. Evoluant dans un black metal à la fois original, atmosphérique et très personnel, le groupe a appliqué très concrètement à son approche "l’idéologie" misanthropique et underground du black metal, en s’affichant le moins possible et ne donnant aucun concert. Vindsval est le seul membre permanent du groupe depuis ses débuts. Il donne à la musique de Blut Aus Nord une vision unique et ambitieuse, expérimentant constamment, qu’on ne retrouve dans le black metal que chez des groupes comme Ulver ou Solefald par exemple. La discographie du groupe témoigne d’une constante évolution et remise en question. Au fur et à mesure des albums, sa musique délaisse de plus en plus les codes traditionnels du black metal et incorpore de nombreux éléments électroniques, accentuant son côté atmosphérique. Nombreux sont ceux trouvant Blut Aus Nord trop abstrait et difficile à suivre, mais il s’agit là de l’essence même du groupe qui n’a cure des réactions et reste fidèle à ses idées et à sa démarche jusqu’au-boutiste et individualiste. A noter aussi que Vindsval est à la tête du label Appease Me…, une divison de Candlelight Records.

Discographie :

1993 : "In The Mist" (démo sous le nom de Vlad)
1994 : "Yggdrasil" (démo sous le nom de Vlad)
1995 : "Ultima Thulée"
1996 : "Memoria Vetusta – Fathers Of The Icy Ages"
2001 : " The Mystical Beast Of Rebellion"
2003 : "The Work Which Transforms God"
2004 : "Decorporation" (Split)
2005 : "Thematic Emanation Of Archetypal Multiplicity" (EP)
2006 : "MoRT"
2007 : "Dissociated Human Junction" (Split)
2007 : "Odinist"
2009 : "Memoria Vetusta II – Dialogue With The Stars"
2010 : "What Once Was… Liber I" (EP)
2011 : "The Mystical Beast Of Rebellion" (Réédition)
2011 : "777 - Sect(s)"
2011 : "777 - The Desanctification"


Les chroniques


"777 - The Desanctification"
Note : 18/20

Le moins qu’on puisse dire c’est que Vindsval est productif en ce moment, après la réédition il y a quelques mois de l’album "The Mystical Beast Of Rebellion" agrémentée d’un CD d’inédits, puis l’album "777 – Sect(s)" il y a quelques mois voici déjà la suite sortie en Novembre : "777 - The Desanctification". Et ce n’est pas tout, il y a un troisième volet qui doit sortir d’ici peu et qui viendra clore cette série d’albums sous l’égide du 777. Et comme toujours avec Blut Aus Nord, on ne sait pas sur quoi on va tomber avant d’écouter attentivement l’album.

Et le pied de nez est toujours au rendez vous, puisque là où son prédécesseur avait retissé des liens avec la période "Mystical Beast – Work Which Transforms God" ce dernier rejeton flirte avec l’ambiant. Les envolées véloces et agressives de la secte d’il y a quelque mois ont disparu, elles ont laissé leur place à des ambiances beaucoup plus pesantes et inquiétantes. La beauté à laquelle Blut Aus Nord nous avait habitué sur ses premiers albums est encore présente de temps en temps, dans de brefs aperçus, avant de nous faire retomber dans un puit sans fond.

Pas de soucis l’identité du groupe n’a pas changé, les dissonances sont toujours bien présentes et comme je le disais l’ambiance est majoritairement poisseuse à souhait. C’est la forme qui a une fois de plus changée, Blut Aus Nord est un caméléon musical qui adapte sa musique et sa forme au propos qu’il a prévu d’exposer. Et à vue de nez ça n’a pas l’air très accueillant, on est aplati tout du long sous une sorte de poids qui vous broie les épaules et vous écrase les vertèbres, pendant que vous vous demandez si les rares voix rauques qui vous viennent aux oreilles sont réelles ou non. D’une façon ou d’une autre cet opus a décidé que vous alliez faire une chute dans la pénombre absolue, et je vous dis tout de suite qu’il réussit son coup à chaque écoute.

Tout est tellement pesant, oppressant, glauque et malsain qu’on a souvent l’impression d’écouter un vinyl au ralenti. Les quelques éclairs de mélodies qui viennent apporter un mince rayon de lumière n’en sont que plus beaux et déstabilisants, ils apportent une touche d’humanité à ce monde qui à première vue en était totalement dépourvu. La troublante impression de ressentir une certaine sérénité au milieu du chaos, une folie camouflée sous les calmants. Le retour à la réalité est brutal, ce n’est pas au paradis que va vous emmener cet album, il a des projets un peu plus hostiles à votre égard. Tout au long de cette joyeuse croisière vous aurez plusieurs fois l’occasion de sentir la délicate odeur du souffre.

Blut Aus Nord on aime ou on déteste, certains ont hurlé à la fumisterie à la sortie de "MoRT" par exemple, mais ce "777 - The Desanctification" nous présente bel et bien une musique habitée, le genre de groupes qui arrive à créer un monde à chaque album. Et ce genre de groupes se fait de plus en plus rare aujourd’hui, où tout doit être formé dans le même moule, uniformisé, et contrôlé de toutes parts pour que rien ne dépasse. Cet album a une personnalité propre, Blut Aus Nord en général a une personnalité propre, et chacune de ses sorties nous hurlent dans les oreilles qu’elles ne rentreront dans aucune de nos cases.

Je ne pourrais même pas vous dire que cet album vous plaira si vous avez aimé tel ou tel autre album de Blut Aus Nord, je ne peux que vous conseiller de vous y plonger et de vous fier à ce que vous pourrez y ressentir. C’est une impression qui ne trompe pas, et c’est pour moi la seule façon valable de juger un album. Au delà de toutes considérations purement techniques il faut que le compositeur réussisse à faire passer les émotions à l’auditeur, quand c’est le cas le voyage est immédiat et on n’en revient jamais indemne. Alors attachez vos ceintures et préparez vous à subir quelques turbulences, apparemment cette partie du monde ne fait pas partie des plus accueillantes.


Murderworks
Janvier 2012




"777 - Sect(s)"
Note : 18/20

Si vous ne vivez pas dans une grotte vous avez forcément entendu parler de Blut Aus Nord ces dernier mois, son actualité est en effet débordante. Entre la réédition de "Mystical Beast Of Rebellion", la sortie de "What Once Was... Liber I" et l'annonce d'une trilogie "777" il y a de quoi faire. C'est d'ailleurs le premier volet de cette trilogie qui nous occupe aujourd'hui, "777 - Sect(s)". Vu la variété dont a déjà pu faire preuve le groupe avec ses anciens albums on est en droit de se demander ce que Vindsval va nous servir ici.

Comme annoncé il y a quelques temps, l'album reprend quasiment là où "The Work Which Transforms God" s'était arrêté. A savoir un black rapide à la fois virulent, rapide et totalement dissonant. C'est d'ailleurs cet aspect de la musique de Blut Aus Nord qui produit ces fameuses ambiances complètement malsaines et dégueulasses propres au groupe. Et ce "777 - Sect(s)" ne fait pas exception à la règle, on est pris de force dans un maelström de violence mêlée de folie furieuse et on se demande dans quel état on va ressortir de tout ça. Sauf que cette fois Vindsval a décidé d'y rajouter la touche indus / ambiant qu'on a déjà pu entendre sur d'autres réalisations, qui se cantonnaient en général à cet aspect de la musique. Sur ce nouvel album les côtés sont constamment mélangés et cohabitent parfaitement au sein de ces 6 morceaux (tous nommée "Epitome" de 1 à 6 donc).

Et mine de rien on tient sûrement là l’œuvre la plus aboutie de Blut Aus Nord, en tout cas j'ai le sentiment que jamais le groupe n'avait réussi à produire une galette aussi variée et dont les ambiances étaient aussi cauchemardesques. Quand ils décident de lever le pied, comme sur "Epitome 2" par exemple, on est partagé entre une sorte de chute libre dépressive et un côté plus horrifique bien malsain. C'est comme si la dissonance et le côté malsain habituels de Blut Aus Nord s'étaient mélangés avec le dernier morceau de "The Work Which Transforms God", "Procession Of The Dead Clowns" (cette impression est perceptible sur tout l'album en fait). Il n'y a bien que les mélodies qui terminent le titre pour nous rassurer, en nous apportant un côté plus conventionnellement mélancolique. Le chant se d'ailleurs très discret sur celui-ci, voir même absent à l'exception de quelques voix et murmures.

La transition est d'ailleurs assez violente puisque "Epitome 3" aurait carrément pu atterrir sur "The Mystical Beast Of Rebellion", et ce sera comme ça tout le long de l'album. Blut Aus Nord nous balance constamment d'un côté à l'autre, de moments mélancoliques à d'autres plus tordus et malsains voire totalement violents et furieux. Pour autant malgré une certaine volonté d'expérimenter encore et toujours et une plus grande variété par rapport à ses prédécesseurs, on reconnaît toujours la patte Blut Aus Nord. Impossible de vous tromper quand vous écouterez l'album, ce groupe est le seul à être capable de pondre une musique pareille.

Par contre au niveau du son j'ai noté un côté un poil plus chaud et plus organique, même si la boîte à rythmes est encore là, je trouve que le rendu synthétique est plus atténué qu'avant. En tout cas ça colle une fois de plus parfaitement à la chose, laissant l'opportunité à l'auditeur de se prendre toutes ces immondices en pleine face parce que comme dirait l'autre : toute résistance est inutile. Et si la musique ne suffit pas à vous emporter dans le gouffre, le chant totalement possédé s'en occupera lui même. D'autant plus que les morceaux sont majoritairement longs, mention spéciale à "Epitome 4" et ses 12 minutes.

On se rend compte une fois de plus que Blut Aus Nord a sa personnalité, une vision propre et que le groupe sait où aller depuis ses débuts ou presque. Et les groupes de cette trempe ont tendance à se faire rares en ce moment, on cherche constamment à rester dans les clous, à ne pas dépasser les barrières. Blut Aus Nord les explose allègrement en envoyant chier toutes formes de conventions et ne compte pas dorloter son auditeur. Il est éternellement bousculé, chaque album est une gifle qui vous poussera à vous faire violence pour pénétrer son monde. Et pour ne pas perdre les bonnes vieilles habitudes, cet album est encore une fois une tuerie absolue.

Les habitués des albums "The Mystical Beast Of Rebellion" et "The Work Which Transforms God" devraient s'y retrouver assez rapidement, quand à ceux qui n'auraient pas encore eu l'occasion d'écouter la musique de Blut Aus Nord il va falloir quand vous appreniez à défoncer les portes de chacune de leurs galettes. Parce que le groupe n'a jamais eu l'intention de vous laisser y entrer comme un touriste, ce genre d'album se révèle sur la durée. Une fois que ce sera fait vous allez comprendre votre douleur, mais en bons masochistes que vous êtes vous en redemanderez. De toute façon la suite devrait arriver en Septembre avec "777 - The Desanctification" et en Novembre avec la troisième partie "777 - Cosmosophy".


Murderworks
Avril 2011




"The Mystical Beast Of Rebellion"
Note : 14/20

On m’en avait parlé, on me l’avait recommandé. Blut Aus Nord est un groupe de black metal au nom obscur, un groupe Français qui plus est, je me devais donc de jeter une oreille sur ce qu’ils font ou plutôt sur ce qu’il fait car Vindsval est seul aux commandes de ce projet. Je vais sûrement paraître pour une newbie pour bon nombre d’entre vous car oui avant cet album je connaissais très mal l’œuvre de ce monsieur mystérieux. J’ai tout de même tenté de traîner sur YouTube pour écouter quelques morceaux… c’est vrai, je suis tombée sous le charme du titre "Odinist"… Quelques mois plus tard, c’est une réédition de " The Mystical Beast Of Rebellion" sorti à l’origine en 2001 qui arrive dans ma boîte aux lettres. Moi qui en avais marre d’en être réduite à squatter sur YouTube, voilà qui tombe à pic !

Quel plaisir donc, de voir une galette comme celle-ci. Dans notre ère qui est celle du gratuit et de la dématérialisation, ce beau digipack double CD ne peut que faire plaisir. On regrettera tout de même l’absence de livret pour un si bel objet. Je me demande si la version de 2001 en avait un d’ailleurs ?... Quoiqu’il en soit, sur ce beau coffret, Vindsval et Debemur Morti ont décidé de refaire complètement la pochette, la représentation de la bête est ici bien plus explicite. La grosse surprise est certainement ce deuxième CD qui nous offre la suite "The Mystical Beast Of Rebellion" via trois nouveaux morceaux. Du coup, 40 minutes de Blut Aus Nord supplémentaires !! Voilà une réédition qui apporte un véritable plus à leur discographie.

Mais suffit ces éloges pour tout ce papier plastique, passons maintenant au véritable cœur du sujet, à cette bête mystique, à ce grondement gênant qu’on a envie de comprendre inlassablement. Je pense que tout profane du genre, ne comprendrait même pas un quart de cette œuvre. "The Mystical Beast Of Rebellion" s’apparente comme un album ultra répétitif, les guitares me font penser au râle d’une bête agonisante et sont très présentes sur les 4 premiers titres de cet album. Mais comme bon nombre d’albums inoubliables, "The Mystical Beast Of Rebellion" s’écoute dans son intégralité. Il ne s’agit pas de faire ressortir un titre plutôt qu’un autre, de dire que celui ci est plus accrocheur qu’un autre… non je pense qu’ici nous avons affaire à une véritable œuvre, à un véritable concept ayant un début, une fin, un réveil et une chute. Le cinquième titre de cet album marque un véritable tournant, le tempo général se ralentit, les riffs sont de plus en plus lourds, la bête se renfermerait-elle enfin sur elle même ? Les 3 titres qui composent le chapitre 7, pourraient bien nous donner quelques pistes de réflexion. Le tempo des morceaux se fait bien plus lent, il n’y a plus tout ce blast oppressant, la bête se serait-elle calmée avec le temps ?

En écoutant les 6 premiers chapitres de cette édition, j’ai cette impression d’être face à une plainte douloureuse. Les premiers titres plongent l’auditeur dans un véritable chaos d’émotions. La bête pleine de colère, de rage et de souffrance nous entraîne dans ce monde sans repère à travers une production très primitive, crade et grésillante. Les guitares sont en retrait, la batterie nous assène de ses blast incessants, l’ambiance se fait définitivement lourde et oppressante, comment donc remonter à la surface ? Je ne crois pas qu’il y ait de moyen de remonter à la surface, il faut juste accepter les choses comme elles sont et réussir à voir la beauté là où on ne s’y attend pas.

J’ai bien envie de comparer ce "The Mystical Beast Of Rebellion" aux albums de Drudkh (hormis le tout dernier "Handful Of Stars"). J’y ai senti une ambiance similaire, une volonté de faire réfléchir l’homme sur sa propre condition. Mais là où Drudkh nous mène dans les profondeurs de l’âme humaine pour mieux s’en évader (le clavier et l’ambiance atmosphérique n’y sont pas pour rien), "The Mystical Beast Of Rebellion" nous fait prendre conscience du mal être lié à notre condition humaine et nous emmène explorer les plus vils émotions de la nature humaine. Rage, haine, colère et sauvagerie, l’âme n’est au fond qu’un amas de pulsions instinctives. Il n’y a pas d’échappatoire sur ce " The Mystical Beast Of Rebellion". Mais je vous embarrasse avec toutes ces théories… le meilleur moyen de vous faire un avis est encore de vous procurer cet galette.


Célin
Mars 2011




"Memoria Vetusta II – Dialogue With The Stars"
Note : 18,5/20

Enigmatique, mystérieuse, envoûtante, voici une liste d’adjectifs qui revient de manière récurrente quand il s’agit d’évoquer la musique de Blut Aus Nord, ou l’histoire d’un des secrets les mieux gardés de la scène Française, un groupe à ranger aux côtés de Deathspell Omega, fiers étendards d’un renaissance musicale qualifiée de post black-metal (?) Une formation Normande, atypique et classieuse menée de main de maître par un certain Vindsval, véritable figure de l’underground au sens le plus strict du terme. En effet depuis une dizaine d’années déjà le Monsieur se montre plutôt avare en communication, qu’il s’agisse d’interviews comme de sessions photos, et je ne vous parle même pas de son hallucinant site internet ni du nombre de concert puisqu’il n’en donne tout simplement pas ! A l’écoute de cette galette un constat s’impose, décidemment Blut Aus Nord (BAN pour les intimes) possède vraiment le don de frapper là où on ne l’attend pas ! Et pourtant, et pourtant, en étant plus attentif un indice semblait prévenir de ce retour aux sources, le très bel artwork très typé black représentant un écrin de nature. Et oui vous l’aurez compris il s’agit bel et bien d’un retour aux sources auquel on a droit car en effet sans vraiment les avoir complètement oubliées, qu’elles semblent loin les expérimentations sonores des deux derniers opus en date "Mort" et "Odinist" ! Deux étranges albums qui avaient fortement décontenancés les auditeurs, toujours est il que c’est une œuvre plus épurée que nous trouvons ici, comme si on reprenait les choses là ou les avaient laissées, 13 ans après le "Memoria Vetusta" premier du nom. Musicalement parlant, même si les tempos sont majoritairement élevés, BAN nous offre une grande variété de rythmes, se jouant ainsi de la linéarité avec une certaine aisance. On notera la présence de chœurs guerriers (pour ne pas dire "pagan") qui habillent ici et là les compos et leur confèrent une dimension encore plus magistrale (comme si elles en avaient besoin !).

Les riffs sont très typés BAN, j’entends par là qu’ils combinent à merveille dissonances dérangeantes et passages de pure mélodie. Alors que généralement black metal rime davantage avec laideur et noirceur, les Normands nous offrent en piste 2 un morceau de toute beauté. Doit on y voir une volonté de ne rien faire comme tout le monde ? Non je pense plutôt que BAN assume sa suprématie sur la scène Française en se permettant d’agir et de sonner comme bon lui semble. Il faut dire qu’en terme d’expérimentations sonores ils ont déjà fait fort par le passé et n’ont clairement plus rien à prouver, affranchi de tout et clairement libre, voici le nouveau "Blut Aus Nord" Difficile toutefois de ne pas voir l’ombre des grands noms du black metal (Emperor ou Secrets Of The Moon pour ne citer qu’eux) planer sur la piste 3 tant ce titre aurait pu figurer sans conteste sur l’un des albums de la défunte formation Norvégienne. Ce qui est le plus frappant c’est le mimétisme des guitares, l’ambiance froide et belle qui se dégage de cette composition. Mais globalement ce qui ressort c’est que BAN ne fait rien comme tout le monde ! Là où les vocaux occupent en général une place de premier choix dans la majorités des formations "black" (quand ils ne sont pas d’ailleurs surmixés !), les intéressés se payent le luxe d’aller à l’encontre de leurs contemporains ! Non pas que les vocaux soient inaudibles non, c’est juste qu’ils sont volontairement placés en retrait, laissant la part belle aux guitares. Un fait d’arme que Vindsval n’a jamais écarté de son processus de composition tant il s’agit ici d’affirmer la suprématie de la "musique" sur les éléments individuels composant les morceaux, la "musique" au sens noble du terme tant on sent un énorme travail de composition, d’harmonie. Vindsval nous livre en effet, au détour de riffs sauvages plus convenus, des solos de guitare planants, magnifiques de technique, de mélodie et qui transportent réellement l’auditeur ainsi que des parties quasi-acoustiques faites d’arpéges égrenés, bouleversantes de tristesse et de splendeur. Ajoutez à cela des nappes de synthés atmosphériques, qui d’une manière absolument subtile et géniale, viennent aérer l’écoute de cette galette (pourtant au combien riche en contenu et chargé musicalement parlant !) et vous conviendrez que le résultat se veut davantage dark ou progressif que purement black…

On pourrait d’ailleurs voir deux manières d’écouter cette galette, tout d’abord je dirais au premier degré en se contentant d’apprécier cette galette pour son subtil mélange d’agressivité et de moments plus calmes ou au contraire faire le choix d’une écoute plus approfondie en s’attardant sur la richesse des arrangements, faire le choix de se perdre dans la beauté complexe de ses harmonies multiples… Blut Aus Nord possède une maîtrise de la musicalité tout bonnement bluffante, se jouant du rythme, enchaînant passages sauvages et plages d’accalmie avec une aisance de tous les instants. Le résultat prévisible qui en résulte est qu’à aucun moment on ne s’ennuie et qu’au contraire on se laisse entraîner par ce voyage musical en dépit de sa relative longueur (60 minutes), l’écoute s’en retrouve d’autant plus captivante que chacune d’elles révèle à l’auditeur des petites finesses, des subtilités qui avaient pu lui échapper les fois précédentes… Il ne s’agit peut être pas ici du chef d’œuvre ultime de Blut Aus Nord mais toujours est il que cette oeuvre vaut largement mieux que nombre de sorties actuelles et qu’elle s’inscrit dans la continuité d’une discographie exemplaire d’une des plus talentueuses formations du paysage hexagonal que beaucoup nous envient et qui demeure a ce jour l’une de plus grandes fiertés de la scène black metal Française. A mi chemin entre tradition et modernité, BAN envoie valser la concurrence et confirme tout le bien que l’on pensait d’eux, juste un groupe incontournable ! Et rien que pour ça, que le respect lui soit rendu…


Ihsahn62
Octobre 2009


Conclusion
Le site officiel : www.myspace.com/thehowlingofgod