"Breathe In Life"
Note : 17,5/20
Betraying The Martyrs est jeune, mais BTM a une histoire houleuse et semée d’embûches. Après des changements de line-up, le jeune groupe Parisien qui s’apparente lui-même à du christian metal (comme peuvent l’être Underoath par exemple) nous revient en 2011 avec "Breathe In Life", un CD tout beau tout neuf.
Après une introduction "Ad Astra" tout en instrumental et au piano, on enchaîne directement sur "Martyrs", un morceau directement très violent, une grosse basse très présente, les synthés également avant que Aaron Matts ne nous sorte ce pour quoi il est là : ces énormes growls et guttu' venus d’autre part !
La prestation vocale du frontman est tout simplement dingue ! Le chant clair vient nous percuter les oreilles dans une veine plus conventionnelle mais c’est véritablement le frontman qui assure le fond.
Au niveau musical, c’est très alambiqué, très puissant, très gras. A grand renfort de double pédale.
Le groupe, dans ces compositions, emprunte au black metal, au death metal, pour nous proposer quelque chose finalement de très puissant, de très ambiant par instants (d’où l’apport des synthés) avec une batterie qui martelle dur derrière et une grosse basse. L’apport et la puissance véritable du groupe se font avec le chant de Aaron Matts, mais également avec l’alternance dans le chant clair de Victor Guillet (synthé).
Les parties guitares sont parfois un peu brouillonnes, et schizophréniques, mais tout le monde s’y retrouve.
Sur les 12 titres, tous les fans de metal divers et variés s’y retrouveront, que ce soit dans "Martyrs", "Because Of You", ou encore "Leave It All Behind". Le groupe a fait véritablement un effort assez important sur les constructions, sur les ambiances, le tout renforcé par les growls carrément inhumains et surnaturels, voire martiaux, du frontman, qui dépassent largement toutes les attentes.
"Breathe In Life" m’aura surpris par sa construction, mais également, par certaines de ses parties lors de la première écoute. Cet album m’aura finalement convaincu par la richesse de ses sonorités, sa qualité de construction, ses différents emprunts dans les divers styles, le tout réhaussé, il faut le dire, par une section instrumentale sans fautes, un chant du frontman démentiel, et une production bien au dessus de la moyenne ne souffrant d’aucun défaut. En attendant avec impatience de voir ce que tout cela va donner sur scène.
"The Hurt, The Divine, The Light"
Note : 14/20
Betraying The Martyrs est un groupe Parisien qui prit forme à la fin de l’année 2008, réunissant 6 jeunes musiciens qui partirent avec l’idée étonnante (certains diront farfelue, d’autres génialissime !) de créer un groupe de death / grind metal chrétien . De cette idée naît "The Hurt, The Divine, The Light", EP 5 titres qui sortira le 18 Novembre prochain.
Alors forcément, à l’entente d’un tel genre, de nombreux lecteurs auront sans doute quelques a prioris. Je leur conseillerais pourtant de fermer ne serait-ce qu’un bref instant les yeux sur leurs préjugés et d’ouvrir simplement leurs oreilles car cet album mérite vraiment que l’on y prête un peu d’attention.
Car mis à part l’introduction de textes apportant une certaine "bonne parole", la musicalité séduira certainement nombre d’entre vous. Le son reste majoritairement musclé tout au long de l’album qui, construit sans cassure entre les morceaux, donne l’impression de n’écouter qu’un seul "titre album", effet que je trouve plutôt plaisant.
On ressent les diverses influences "underground" des membres avec un jeu de batterie très puissant centré sur double pédale suivant parfaitement les accords de guitare, technique qui n’est pas sans rappeler celle de Messhugah ou autres gros groupes de death.
Les 2 guitares engendrent des accords bien lourds aux aller-retours rapides, aux harmoniques saisissantes et aux solos confortables, comme dans "Out Of Egypt", premier titre de l’EP.
En ce qui concerne le chant, l’alternance voix death / voix claire est réussie, cette note de contraste s’avérant agréablement reçue par l’auditeur (un peu de poésie dans ce monde de brutes que diable !).
Puis le synthé donne une petite touche particulière au fil des morceaux, dégageant tantôt de légères voix célestes qui ne peuvent venir qu’appuyer le sens des paroles, tantôt de jolis arpèges cassant le rythme général plus bourrin.
Le tout mélangé, on pourrait se dire que c’est… du déjà vu ! Mais Betraying The Martyrs a le mérite de ne pas avoir pour autant abouti à une bouillie sonore indigeste. De plus, le groupe a su poser sa patte sur un terrain non dépourvu de risques : du metal se prononçant "Chrétien" en France, il fallait oser, et le rendu est plutôt convainquant.
Reste à savoir si dans cet album le diable ne prédominerait pas sur Dieu… à vous d’en juger !
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