Le groupe
Biographie :

Dirk Verbeuren (Soilwork, entre autres) avait comme projet de monter un groupe de grind à l'ancienne. Vieux son, compos qui déboîtent tout en restant les plus courtes possibles, etc... A la défection de son chanteur, bien embêté, il appela à la rescousse son pote Sven des petits gars de chez Aborted. Puis il parla, comme ça l'air de rien, de son projet à son pote Devin (Strapping Young Lad) qui lui avait une bonne vieille envie de jouer de la basse dans un bon gros groupe de grindcore. Groupe de potes plus que supergroupe, Bent Sea enregistra "Noistalgia" d'abord vendu au format numérique sur le net via le site officiel du groupe avant de connaître un pressage vinyle courant 2012. Depuis, le monde est sourd.

Discographie :

2011 : "Noistalgia" (EP)


La chronique


Au début du grind, y'avait ces espèces de fous furieux, des groupes de jeunes qui jouaient dans des salles de concert qui n'avait de salle que le nom. Leur morceaux étaient un concentré du fureur, le plus violent possible, le plus court possible aussi.

Les enfants ratés du punk. Le public était déchaîné, estimant des morceaux de 00:59' beaucoup trop longs, pogotant, slammant et vomissant dans tous les sens.

Napalm Death. Carcass ou encore Brutal Truth (pour l'autre côté de la mer). Des groupes qui enregistrèrent leur premiers efforts avec un son qu'on qualifierait de nos jours où on aime bien tout classer de "raw".

Depuis le grindcore a bien évolué. Certains le confondent même avec le brutal death (les fous !) et les dernières prods du genre (typiquement grind, hein, pas cet espèce de grind porn ou de goregrind, non, non, on parle vraiment de grind old-school ici) sont assez espacés.

Alors évidemment quand un gars authentique comme Dirk Verbeuren (soilwork) se met en tête de ressusciter cette bonne vieille époque du grind qui tâche, on ne peut que se réjouir. Surtout quand un projet aussi sympa se trouve rapidement appuyé par la bande des potes à Dirk à savoir Sven de Caluwé (Aborted, System Divide) aux vocaux et Devin Townsend (Strapping Young Lad, Pünky Brüster, Devin Townsend Project... non mais y'a vraiment besoin de te présenter Mr Townsend ?) à la basse et au mixage.

Moi, je m'ouvre une Thomas Hardy 's Ale pour l'occasion. Elle tabasse, sans concession et sans fioriture.

Avec son mixage qui fait très authentique, ses blasts qui tabassent ses riffs sans pitié et ses hurlements de fous furieux, ce "Noistalgia" mérite bien son nom. Un peu moins de vingt minutes de frénesie, de furieuse envie de casser des murs, de détruire le monde entier et de le concasser en minuscules morceaux à grand coup de masse. Enorme rentre-dedans sans concession, sans enjolivement.

Que du concret, du bestial, du frustre, de la violence sauvage bien primaire.

En clair, ça avoine et ça compte bien te repasser dessus trois ou quatre fois de suite histoire de voir si tu bouge encore et si tu as bien compris la leçon.

Alors évidemment, niveau musical c'est du bourrinage grande classe, le plus grossier possible. La batterie et les grattes envoient. Pas de cadeau là encore, pas de dégauchissage, pas d'angles polis. On sait qu'on va s'en prendre plein la tronche dès qu'on aura décapsuler le truc.

Niveau hurlements de malades, Sven est égal à lui-même, en grand professionnel qu'il est. Restant en mode " cochon qu'on torture avant de l'égorger" et cela marche très bien, une fois encore. Les growls sont profonds les pig squeals tabassent Mémé.

A travers cet énorme barrage de blasts et de fureur, difficile d'entendre la performance de Townsend à la basse, même si elle reste audible, notamment sur "Fool For Life" et sur l'ultime titre, la reprise d'Extreme Noise Terror "Bullshit Propaganda".

Un bon gros coup de boule comme on aimerait en prendre souvent ! Un opus qui redonne du souflle au genre en repuisant dans ses racines. A écouter en priorité !


Groumphillator
Décembre 2011


Conclusion
Note : 17/20

Le site officiel : www.bentsea.com