Le groupe
Biographie :

Mai 1998, formation initiale du groupe Benighted avec les membres fondateurs, à savoir Julien, Olivier et Chart de Dishumanized (death metal), Liem de Darkness Fire (death metal), et Fred d’Osgiliath (black metal épique). Le premier album sort en Septembre 2000. Janvier 2001 : première prise de contact avec le label Adipocère Records. Mars 2002 : le second album sort, il est distribué de manière beaucoup plus étendue que le premier. Les retours se sont avérés globalement très positifs. Après quelques changements de line-up, "Insane Cephalic Production" sort en Février 2004 chez Adipocère Records. En Août 2005, Benighted repart en studio pour enregistrer son nouvel album qui sort début 2006. "Icon" sort sur le label Osmose Productions fin 2007. "Asylum Cave" sort fin Mars 2011 chez Season Of Mist.

Discographie :

2000 : "Benighted"
2001 : "Psychose"
2004 : "Insane Cephalic Production"
2006 : "Identisick"
2007 : "Icon"
2008 : Compilation French Metal "Dans la fosse aux lions"
2011 : "Asylum Cave"
2011 : Compilation French Metal "Dans un nid de vipères"


Les chroniques


"Asylum Cave"
Note moyenne : 14,75/20

Je n'irai pas très loin pour dire que cet album est tout simplement une grosse tuerie. On l'attendait impatiemment ce sixième album et depuis onze ans, Benighted n'a jamais déçu, allant toujours plus loin dans son exploration musicale, toujours plus loin dans sa technique et toujours plus loin dans son impact. Ah oui, pour ça on a pris une grosse baffe de plus dans l'héritage musical de ce groupe. D'ailleurs soit-dit en passant, seul groupe qu'il me plait d'écouter en appréciant les braillements de gros verrat de Julien Truchan, ceux mêmes qui deviennent insupportables chez d'autres groupes mais qui pourtant sont tellement appréciables chez Benighted. On attendait cet album parce qu'on estimait tous qu'il serait difficile pour Benighted de faire encore mieux, tellement la barre est montée très haut depuis leurs débuts, mais pourtant ils l'ont fait, n'en déplaisent à beaucoup de détracteurs, ils ont encore évolué et sont encore plus forts.

Bon, même s'il n'était pas très difficile de faire mieux au niveau front cover que leurs quatre premiers albums, parce que hormis pour "Icon", le reste était assez bof, mais il faut reconnaître qu'ils se sont fendus cette fois-ci de quelque chose de beaucoup plus à la hauteur de nos exigences et de leur statut de leader Français dans leur catégorie. Sans en faire la description, on constate bien que maintenant c'est dans la cour des grands que Benighted peut prétendre exister musicalement avec cet artwork signé Svencho. Cet "Asylum Cave" est une évolution vers quelque chose de plus roots, et de plus crasseux, un peu punk, en conservant leur aspect core, plus vers du grind que vers du hardcore. Le death est là, les passages mélodiques sont aussi là, mais Benighetd a fait un pas en arrière pour faire avancer son propre style, c'est ce qui est intéressant dans les douze morceaux de cet album.

Je n'irai pas dire que c'est changé du tout au tout, bien au contraire, Benighted fait du Benighted, mais dès le premier titre on ressent une envie d'être plus sérieux dans le brutal qu'auparavant. Le côté groovy est nettement moins présent, alors qu'ils ont su conserver leur petite recette de passages mélodiques comme sur "Asylum Cave" avec le solo très heavy, qui revient aussi sur pas mal de morceaux en suivants : "Let The Blood...", titre interminable, ou encore "Prey". C'est là, la différence de Benighted avec pas mal d'autres combos, pas de limites dans l'exploration brutale pour finalement nous faire frissonner de plaisir une fois de plus. La recette est sensiblement la même avec des introductions insolites, des réveils, des voix bizarres presque enfantines, de la brutalité, de la technique, des petits passages en Français. Mais encore aussi beaucoup de surprises avec "Fritzl", quelque chose de très Allemand. Ce qui est agaçant, car frustrant, c'est que Benighted ne relâche jamais sa pression, on a beau attendre la bouse molle pour se dire qu'enfin ils deviennent mous de la bite pour aérer les titres, mais non, ils n'en n'ont pas besoin, parce que les morceaux sont tous entraînants et malgré cette extrême brutalité et impression d'ensemble, les chansons sont excellemment bien construites pour ne pas qu'on se fasse chier un seul instant. Il est amplement concevable d'avaler l'album d'une seule traite, sans y avoir vu une seule seconde de temps mort à se demander si vraiment ils méritent leur statut. La voix de Julien est de plus en plus puissante et arrive à se barrer vraiment dans tous les sens, la batterie est certainement encore plus sauvage et les contre temps de guitares et basse sont divinement jouissifs.

Entre les atmosphères glauques de "Hostile" très mélancoliques et la tuerie explosive death / grind de "Unborn Infected Children", on est bringueballé comme des pauvres bœufs qui vont à l'abattoir. Avec encore une production irréprochable, une puissance inégalable, Benighted demeure pour l'instant indétrônable. "Asylum Cave" a de différent que le côté fun est moins mis en avant, que leur style s'est peut-être assombri, à en écouter la dernière et plus longue chanson de l'album : "Drowning" . Mais une chose est sûre cet album est une nouvelle fois une référence comme leur quatre précédentes sorties.


Arch Gros Barbare
Avril 2011
Note : 16,5/20

Pour commencer, on salue le thème choisi par le groupe pour cette nouvelle sortie, bien que d'autres formations l'aient déjà utilisé auparavant : l'affaire Fritzl, ou l'histoire d'un allumé (Josef Fritzl) qui décide de séquestrer sa fille dans sa cave pendant 20 ans et qui l'engrosse pas moins de sept fois durant son enfermement, en ayant fait en sorte d'occulter tout ce qui se passait au reste du foyer. Un fait divers sombre et traumatisant, qui laisse présager un album à l'atmosphère tout aussi malsaine comme nos chers Français savent si bien les créer.

La première écoute est saisissante, les lignes de basse aussi efficaces que dans "Icon", l'opus précédent, la voix de Julien Truchan toujours aussi épatante, allant du chant guttural à des hurlements suraigus et torturés (en Anglais, Français et Allemand) en passant par du squeal, le tout avec une aisance déconcertante.On ne conteste plus le niveau des musiciens, les soli de guitare qui sévissent dans "Prey", le troisième morceau, nous l'interdisent. La production est très soignée,et souligne le tranchant des riffs (dans "A Quiet Day", le huitième morceau) et la présence de la basse de façon très carrée (on se délecte des soli de basse très bien maîtrisés notamment dans "Asylum Cave", le premier titre, et "Fritzl", le cinquième).

Néanmoins, à partir de la deuxième écoute, quelques questions nous viennent à l'esprit : Où est donc passée cette brutalité qui, à l'époque de "Psychose", "Insane Cephalic Production" et surtout "Identisick", était à son apogée ? Pourquoi cette tendance à intégrer de plus en plus d'éléments hardcore à partir d'"Icon" ? On a également l'impression que l'album s'essouffle à partir du cinquième morceau, le reste du set devient excessivement aéré, la structure des compos de moins en moins stratégique. Le niveau de Benighted est loin d'être sous-exploité, mais le travail de composition laisse une impression de "remplissage". L'album commence plutôt bien, mais au final, seuls 3 ou 4 morceaux sur 12 retiennent notre attention, et ni le featuring avec Mike Majewski (vocaliste du légendaire Devourment) dans "A Quiet Day", ni celui avec Sven (du groupe Aborted) ne viennent rattraper le coup. Pour conclure, Benighted peut beaucoup mieux faire, c'est pourquoi on leur pardonne le manque de mordant, de complexité et d'efficacité de ce nouvel opus, qui laissera tout de même les amateurs de brutal death sur leur faim.


Delph
Avril 2011
Note : 13/20




"Icon"
Note : 17/20

Après déjà deux très bons albums de pure brutalité, on se demandait si Benighted en avait encore assez dans le slip pour balancer la purée, et bien je réponds OUI !!! Un grand oui de jouissance bien sûr. C'est là, la faculté propre à Benighted, arriver à nous faire jouir les tympans pendant près de 40 minutes sans interruption, et à ne pas nous ennuyer une seconde. Pourtant sur cet album, certaines fautes de goût se font sentir et en particulier cette petite partie rap qui ne dure certes qu'une petite douzaine de secondes, mais qui gâche à lui seul tout le morceau, je veux bien être ouvert d'esprit mais quand même... Hormis ce petit passage assez nauséeux, le reste de l'album est de très bonne qualité autant dans la production que dans l'artwork et les compos. Compos qui ont encore augmenté niveau violence, donnant un aspect plus grind que les autres albums. Mais la bonne sauce death / groovy est toujours présente et toujours aussi bien maitrisée. Malgré toutes ces bonnes petites choses, je trouve tout de même cet album moins accrocheur que les précédents, aucun riff précis ne me revient aprés toutes ces nombreuses écoutes... On notera aussi la progression vocale de Julien, qui était déjà excellente, mais qui a su encore évoluer avec le temps. Quoi qu'on en dise, cet album reste une pure tuerie à la Benighted, qui déboîte tout sur son passage, quitte à vous faire péter la nuque.


Paradoxis
Novembre 2007




"Identisick"
Note : 17/20

Benighted délivre ici son quatrième opus, et l’on sent d’office l’expérience acquise, dès la première baffe, non, pardon, écoute. Riffs death assassins mêlés à des mosh-part à faire pâlir de jalousie n’importe quel groupe de deathcore, batterie surpuissante et voix maîtrisée à l’envie. Le plus agréable est de constater que le groupe a véritablement cette fois-ci su nouer une ambiance au travers de l'artwork, du son, des titres, etc. Du coup, l’on se retrouve plongé dans un monde propre à Benighted, que peu de groupes Français parviendront à égaler dans les prochaines années, que ce soit d’un point de vue technique ou de l’homogénéité du travail de composition. Mais reprenons en détail : le son des guitares et de la basse sont tout simplement excellents, à un tel point qu’ils mettraient en doute la brutalité de groupes tels que All Shall Perish. Le côté technique est vraiment sublimé ici : mesures composées, jeu de batterie diversifié et très propre (parait-il d’ailleurs que leur nouveau batteur est un tueur ), et incartades surprenantes (voir le groove sur "Sex-Addicted"), surtout du point de vue de certaines "mélodies", qui rajoutent un véritable aspect décisif dans la professionnalisation du groupe. Aucun morceau ne se « ressemble », au mauvais sens du terme, si bien que l’on se surprend à se passer le disque en boucle. Il a tout de même délogé "Through The Eyes Of The Dead" de ma platine, c'est pour dire ! Chapeau messieurs, tout y est dans ce "Identisick", à tel point que je pense tenir ici la baffe Française de l’année. Amateurs de brutal deathcore, jetez vous sur ce disque les yeux fermés !


Niaf
Mai 2006




"Insane Cephalic Production"
Note : 18/20

Quand on dit que Benighted est un groupe de brutal death, ce n'est pas peu dire ! "ICP" : Un album à la limite du grind death. Tout commence avec un son death voilé puis dévoilé ; n'ayez pas peur ce n'est pas votre lecteur CD qui déconne ! Si vous faites attention, les tous premiers sons ressemblent au depart de lecture d'un vinyl sur platine. Ensuite tout part en death quand un solo de gratte apparaît, qui est, ma foi, bien inséré. Un passage death, un rythmé, une voix death, puis grind, des passages mi lents, des guitares saturées puis qui crissent... et vous passez au deuxième morceau sans vous en rendre compte. Ensuite arrive "Foetus", non pas le chanteur d'Ultra Vomit ! C'est un nom qui colle parfaitement au morceau. La mélodie d'une berceuse alliée au craquement sinistre d'une boite à musique que l'on remonte est comme implantée dans votre boite craniène. Attention ! Âmes sensibles s'abstenir. De bons passages décadents pour revenir à un death qui n'a rien de classique. "Self Proclaimed God", le morceau qui résume tout l'album, le meilleur. Il y a tout ! Changement de riffs, changement de voix, tout dans le brutal. Vient ensuite un passage étrangement black avec une bonne voix. Quand tout semble finir ça repart. "Phlebotomized" a une particularité vers la fin, une sonorité très black metal avec une voix quasiment claire par moments, mais ne vous inquiétez pas fans de brutal death, ça repart aussitôt. Un ton complètement décalé, et pour cause, soulevez le CD et apparaît une sublime photo de cervelle. De plus une pochette d'album complètement capitonée. On a du mal à croire que l'un des mecs de Benighted travaillait en centre psychiatrique ; sûr il a menti il a du être interné pour ressortir une musique aussi brutale et déjantée, une véritable psychose faite par de véritables psychopates. Pour conclure, accros du brutal death, cet album est à avoir dans votre discographie.


Karonembourg
Novembre 2004


Conclusion
A écouter : Collapse (2006)

Le site officiel : www.myspace.com/brutalbenighted