"Errances Oniriques"
Note : 17/20
C'est une fois de plus que Belenos vient conquérir notre âme en détresse au gré de sombres et enivrantes mélodies, par delà d'obscurs songes qui trouvent en ce "Errances Oniriques" compréhension et délivrance. Une appelation loin d'apparaître totalement étrangère à certains et pour cause, cet opus dissimule une réédition de l'album éponyme de 2001 auquel Loïc Cellier, avec pour seule compagnie son talent et son inspiration, redonne un second souffle bien mérité. Afin que nul ne reste sur sa faim, l'esprit torturé qui s'abrite derrière Belenos régale notre irrassasiable envie d'extrême et de mélancolie par les deux exquises nouveautées que sont "Seigneur De L'Obscurité" et "Serment De Revanche". Quel intérêt y a-t-il à cette réédition? Peut-être est-ce simplement de sublimer un génie déjà existant pour ainsi faire découvrir à quelques uns et redécouvrir à d'autres un opus grandement abouti, au risque de dévoiler une évolution malheureusement peu frappante si ce n'est par une qualité d'enregistrement désormais sans faille. Mais au final peu importe, Belenos a ce pouvoir ensorcelant que bon nombre lui envient, où règne mystère et suspence indomptable, alors que les airs menaçants se font envoûtants et que s'affrontent la délicatesse du doom metal à la fureur d'un black metal toujours empreint de cette influence Celtique. En d'autres termes une parfaite alliance terrassante à laquelle se lie un chant oscilliant entre voix claire et gutturale, révélé par des choeurs à l'allure religieuse énigmatique, le tout dans une démarche semble-t-il sincère. S'impose ainsi de toute sa magnificence la complainte "Morfondu", qui à elle seule pourrait suffir à convaincre quiconque de par son aspect grandiose qui bien heureusement ne se joue pas d'accessoires inutiles, au contraire de bon nombre de formations actuelles officiant dans la veine black metal mélodique en définitive surjouée et décevante. Qu'à cela ne tienne, les textes de ce chère Loïc viennent vérifier cette observation de par leur beauté, leur poésie, sublimant le mal et l'obscur, ce qui n'est pas sans rappeler un certain Baudelaire... La seule inquiétude demeure en le fait que deux rééditions coup sur coup peuvent cacher un manque d'inspiration ou que Belenos n'a nul besoin de se réinventer et ce pour notre plus grande peine. Mais gageons que s'en suivra à "Errances Oniriques" un digne successeur qui saura ravir les inconditionnels et rendre une nouvelle fois la scène metal Française fière de ces tendres enfants qu'elle engendre.
"Chemins De Souffrance"
Note : 15/20
Voilà que débute "Chemins De Souffrance" et notre esprit entame un voyage de quarantes-huit minutes en terre Bretonne au coeur de paysages sonores hivernaux et résolument menaçants créés de toutes pièces par Loïc Cellier. Ce dernier constituant le one-man-band qu'est Belenos n'en est pas à son coup d'essai et offre avec ce sixième album une nouvelle dose de pagan black metal à ses fans. En apparence des plus homogènes, ce dernier opus cache en réalité deux parties distinctes ou plus exactement deux chapitres. Le chapitre premier "Allégorie D'une Souffrance" contient quatre titres réédités de la démo éponyme de 1998, quand au second chapitre "Les Chemins De La Mort" il propose quatre nouveaux morceaux dont une outro des plus brillantes. Les présentations faites entrons dans le vif du sujet... "Chemins De Souffrance" est un concentré de compositions aboutis desquelles transparaîssent merveilleusement bien les éternels thèmes de la mort et de la solitude. Belenos nous conte d'une belle écriture des promenades funestes et solitaires au son de mélodies reflétant parfaitement l'ambiance. Quand à la langue voilà enfin un groupe qui n'oscille pas éternellement entre anglais et Français : Loïc Cellier a tranché pour la langue de Molière et lui reste fidèle tout du long. Globalement le son reste d'une violence terrassante mais Belenos sait se calmer quand il le faut et frôle le doom-black metal par moment ("War Hent An Ankou") et l'utilisation de chant clair et de coeurs ("Funeste Et Hivernal") renforce cette atmosphère froide de l'album. Mais s'il y aurait un reproche à faire à Belenos ce serait bien celui de son manque d'évolution par rapport à ses débuts, le membre unique du groupe a trouvé sa valeur sûre et hésite désormais à s'en éloigner... Mais le petit dernier de Belenos reste un album dont il est difficle de faire mieux dans le genre de nos jours, possédant une identité païenne qui lui est propre et qui lui va si bien !!
"Chants De Bataille"
Note : 18/20
Belenos est sans doute l'un des meilleurs groupes de pagan black. Sachant allier le côté mélodique du pagan à une tonalité beaucoup plus brutale,
cet album est beaucoup plus black metal donc plus brutal, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Le titre de l'album est parfaitement en adéquation avec leur musique. Une chose est sûre, vous ne risquez pas de confondre "Chants De Bataille" avec "Notre Amour Eternel". Une tonalité toujours épique, effectivement Belenos sait garder une image et un style tout en s'adaptant à des ressentis différents.
Le son est très correct, digne d'une production Norvégienne. Les riffs sont recherchés avec de beaux arpèges entraînants mais pas "mielleux". Des passages mélancoliques, d'autres vous donnerons la chair de poule tellement ils sont bons.
Une voix claire qui fait penser à Enslaved période "Bladheimn". A ça viennent s'ajouter des cris de douleur, d'autres de souffrance ou bien encore de haine. Si avec ça on n'identifie pas la vie du guerrier !
Le tout sans oublier le côté pagan du groupe : des chants médiévaux qui révèlent et affirment cet hymne aux batailles de nos ancêtres.
Cet album est un véritable tournant dans la carrière de Belenos. Pour conclure, il est vraiment frustrant de chroniquer un groupe où il n'y a rien à redire. "Chants De Bataille" est proche de la perfection.
|
|