Le groupe
Biographie :

Battle Beast est un groupe de heavy metal finlandais formé en 2008 et actuellement composé de : Eero Sipilä (basse / chant), Pyry Vikki (batterie / ex-Rajavyöhyke), Juuso Soinio (guitare), Joona Björkroth (guitare / Brymir, For The Imperium, ex-Baton Rogue Morgue), Janne Björkroth (claviers / Brymir) et Noora Louhimo (chant). Le premier album, "Steel", est sorti au printemps 2011 chez Hype Productions. L'album est ensuite réédité début 2012 chez Nuclear Blast, année durant laquelle Noora Louhimo devient la nouvelle chanteuse du groupe à la place de Nitte Valo. En Mai 2013, l'album "Battle Beast" voit le jour chez Nuclear Blast, suivi de "Unholy Savior" en Janvier 2015 et de "Bringer Of Pain" en Février 2017.

Discographie :

2011 : "Steel"
2012 : "Steel" (Réédition)
2013 : "Battle Beast"
2015 : "Unholy Savior"
2017 : "Bringer Of Pain"


Les chroniques


"Bringer Of Pain"
Note : 17,5/20

Avis à tous ! Vous pensiez que le metalcore avait remplacé le heavy metal, pas vrai ? Eh bien laissez-moi vous dire que c'est totalement faux. L'un des meilleurs exemples possibles nous vient de Finlande et s'appelle Battle Beast. S'il ne s'est formé qu'en 2005, le groupe n'est vraiment connu que depuis 2010, après sa victoire au Wacken Band Contest. Sa musique possède toutes les caractéristiques des années 80 : des riffs empruntés au heavy Mmetal, quelques influences power et un clavier qui vient parfois inclure des sons que l'on pourrait presque qualifier de... disco. Et tout ce mélange est vraiment détonant ! Le line-up de départ du groupe a été un peu chamboulé avec le départ en 2012 de leur chanteuse Nite Vallo et son remplacement par Noora Louhimo. Pour l'enregistrement de "Bringer Of Pain", il s'est stabilisé autour de Noora au chant, Joona Björkroth et Juuso Soinio aux guitares, Eero Sipilä à la basse et aidant également aux choeurs, Janne Björkroth aux claviers et Pyry Vikky derrière les fûts. Mesdames et messieurs, ressortez vos vestes à patchs et on se retrouve dans la fosse !

Résolus à donner le ton, c'est "Straight To The Heart" qui a été choisie par le groupe pour commencer ce voyage. Une composition énergique, et qui utilise à merveille le clavier pour sublimer des riffs déjà acérés, ainsi que la superbe voix puissante d'une Noora Louhimo qui semble avoir encore progressé vocalement depuis le dernier album. Chaque envolée est parfaitement maîtrisée, alors que commence déjà l'introduction à la batterie de "Bringer Of Pain", le titre éponyme. Le chant est d'une intensité rare et chaque instrument trouve sa place sans gâcher le son de l'autre. La présence de choeurs en fera à coup sûr un moment d'une puissance rare sur scène ! Si vous en aviez assez du son agressif du heavy metal des Finlandais, écoutez donc "King For A Day". Beaucoup plus calme, et résolument plus axée power avec l'omniprésence du clavier, cette période de calme continuera avec "Beyond The Burning Skies" et ses couplets dominés par un trio basse / batterie / clavier et la douce voix de Noora qui sait visiblement s'adapter à toutes les situations. Le groupe retrouvera un peu plus de vigueur avec l'extrait suivant. "Familiar Hell" (dont le début du clip est visiblement à vocation humoristique) renouera avec des guitares criardes, tout en conservant le son adouci du clavier, mais c'est visiblement une Noora énervée qui nous lance le dernier refrain !

"Quoi, encore un titre calme ? Mais on veut en découdre nous !" Ne vous fiez pas à l'intro presque symphonique de "Lost In Wars", et attendez plutôt les premiers riffs et les murmures de Tomi Joutsen (Amorphis, Sinisthra) qui ne tarderont pas à se transformer en cris après un magnifique duo avec Noora sur le refrain. Le contraste entre les deux voix en fera un titre vraiment exceptionnel mais d'une beauté sans nom, mêlant les univers de Battle Beast et Amorphis. Retour sur les riffs accrocheurs saupoudrés de claviers qui ont fait la renommée des Finlandais avec "Bastards Sons Of Odin". Si vous n'avez pas peur de chanter dans le métro, écoutez le au petit matin, et je vous promets une motivation sans faille pour une bonne partie de la journée ! Si vous préférez remuer la tête en rythme avec la batterie sur une musique presque atmosphérique et empreinte de rythmes electro, je vous conseille "We Will Fight" et "Dancing With The Beast", qui sont les deux suivantes. Un peu déroutantes quand on ne connaît pas le groupe, mais qui trouveront parfaitement leur place dans la discographie du groupe. On en arrive déjà au dernier titre de cet album, et c'est avec une power ballade que nous allons laisser le groupe, nouvelle preuve que la voix de leur chanteuse peut convenir à tous les registres. Une nouvelle performance très appréciée.

Si vous n'avez jamais eu la chance de voir Battle Beast sur scène, je vous conseille de vous ruer sur les places pour la prochaine qui aura lieu en Mars ! En compagnie de Majesty et Gyze, ils sillonneront l'Europe pour vous faire danser ! Enfin, headbanguer ! Enfin les deux ! Bref, allez-y les yeux fermés et vous passerez à coup sûr un moment exceptionnel !


Matthieu
Février 2017




"Unholy Savior"
Note : 07/20

Battle Beast est le groupe de power / speed européen qui monte. De nombreuses tournées en première partie et des apparitions en festivals leur ont permis d'asseoir une bonne réputation. Les albums sont de plus en plus attendus par les fans et ce troisième volet de la bête-lion de combat, le deuxième pour Nuclear Blé... euh Blast, malheureusement ne tient pas la route.

Les moments mémorables ne sont pas légion. On ne trouve aucun vrai riff, aucun truc qui décolle, juste des rythmiques power metal typique. Alors, d'accord, les solos sont bons, très mélodiques et d'une virtuosité et d'une fougue enthousiasmantes, et les arrangements et autres chœurs témoignent d'un gros travail d'écriture. Mais cela reste archi-convenu, prévisible. Lorsque les morceaux tabassent, le soufflet retombe très vite avec un couplet calme et posé, ou bien, après un solo tonitruant, un pont atmosphérique gavé de claviers gnangnans à l'ambiance B.O. excessive ruine le tout. Et ce ne sont pas ces sons de claviers kitsch (le duo "The Black Swordsman" / "Hero's Quest" fait vraiment peur !) qui vont sauver l'ensemble. Rien de réellement transcendant ne se passe. Seul le moreau d'ouverture, "Lionheart" est correct.

Le gros problème de cet album n'est pas d'ordre musical mais d'orde vocal. La musique de Battle Beast, en apparence fadasse, aurait pu être d'un niveau honorable si les chansons étaient interprétées avec une vocaliste digne de ce nom. Nous n'avons absolument rien contre les voix féminines dans le metal, encore moins dans le metal old school. Lorsque celles-ci évoluent dans des registres graves / mediums, chantant dans des formations bien heavy, faisant fit de leur sensualité et des froufrous habituels du sympho / modern metal en plastique au profit d'une énergie et d'une ferveur qui fait du bien, nous en sommes les premiers ravis. Mais quand la demoiselle en fait des caisses comme sur cet album, on dirait qu'elle a coupé les couilles de son batteur, se les est greffées et se fait passer pour un mec. Un exemple parlant : "I Want The World And Everything In It" est un véritable massacre, une torture pour nos oreilles déjà bien éprouvées dans le passé par tant de décibels. On aurait pu renommer ce titre "Carnage au poulailler" avec cette chanteuse effrayante de fausseté (elle semble complètement aux fraises sur "Unholy Savior") et cette ridicule voix suraiguë qui affole notre système nerveux. Noora force sur sa voix, pousse des gueulantes insupportables, essayant d'imiter Doro Pesch, Rob Halford, Chris Boltendhal ou Dieu sait qui. A l'image de toutes ces pseudo-chanteuses / divas de The Voice essayant de faire des choses qu'elles sont incapables d'accomplir. Un carnage total. Et ce n'est pas le morceau suivant, "Madness", au refrain lourdingue voire saoulant et poussif qui rehausse le niveau. Quant à la ballade mélancolique "Sea Of Dreams" (oh là là, je suis triste !), soporifique et lisse à souhait jusqu'à ce que Noora s'énerve pour notre plus grand malheur, elle n'a même pas sa chance à la prochaine édition de l'Eurovision. Le même constat se pose pour le final "Angel Cry", ballade grandiloquente sans grand intérêt, qui, pourtant bien chantée sur le début, se voit gâchée lorsque la chanteuse pousse sa voix inutilement sur le final.

Et le pire (!), c'est quand, lors d'un morceau speed comme "Speed And Danger" qui réveille l'attention, la blondasse prend une voix criarde, une espèce de voix de canard qui aurait choppé la crève. Et le guitariste qui revient à la charge avec sa voix de... ben sa voix de merde... Désolé, il n'y pas d'autre termes, même en étant le plus objectif possible. On atteint même des sommets avec le single "Touch In The Night", le titre s'éloignant le plus de tout ce que le sextet a pu proposer jusque maintenant. Vous avez toujours rêvé d'entendre le "Big In Japan" d'Alphaville repris par un groupe de power metal ? Ca tombe bien, nous non plus... Nous ne trouvons même pas les mots pour décrire cette "chose".

Il y aura certainement de nombreuses personnes qui accueilleront cet album avec enthousiasme mais nous ne faisons malheureusement pas partie de celles-là. Dans un registre plus ou moins proche, le prochain U.D.O., par exemple, est bien plus convaincant.


Man Of Shadows
Janvier 2015




"Battle Beast"
Note : 15/20

Retour gagnant pour nos amis finlandais de Battle Beast qui signent leur second album sobrement intitulé "Battle Beast"… On a déjà vu plus compliqué mais on n’a surtout vu plus nul comme titre d’album ! Changement de taille pour ce jeune combo puisque le chant a fait peau neuve en fin d’année dernière. Exit donc Nitte Valo et bonjour Noora Louhimo. Concrètement, mis à part le côté physique de la chanteuse (qui est, il faut le dire, à peine plus charmante que celle qu’elle a remplacé pour l’avoir vu en vrai en premiere partie de Sonata Arctica), on se laisse facilement bluffer par le côté vocal bien que les puristes reconnaîtront un timbre plus "standard"» que celui très "Udo Dirkschneider" de Nitte.

Une pochette dans l’esprit du premier album, toujours teintée d’une certaine violence et d’un artwork emprunté à la Fantasy, il n’en faut pas moins pour comprendre que le combo tend à rester dans ses fondamentaux. Première écoute plutôt mitigée au niveau de la qualité globale. Je m’explique… Même si certains titres, excellents de par leurs riffs et leurs solos ("Let It Roar", "Into The Heart Of Danger" pour ne citer qu’eux) promettent une galette de bonne facture, on retrouve une seconde moitié de disque relativement pauvre, convenue, sans saveur. Même si l’esprit et la manière de faire restent bien présents, je sens tout de même que quelques petites résolutions ont du être apportées pour coller au timbre de la nouvelle chanteuse qui est bien moins puissant que celui de l’ancienne (en témoignent les reprises du premier album par cette dernière). Curieusement, malgré le départ de la "UDO girl", l’héritage Accept, comme dans le premier album, reste très présent, notamment avec un titre dont le "main" riff ne peut que me rappeler "Protector Of Terrors" ("Rain Man", dernier titre de l’album). Tout commence assez bien avec "Let It Roar", et ses grosses nappes de synthé typiques du metal scandinave et son solo de bonne facture. A ce propos, on sent bien que le soliste, Anton Kabanen, qui est aussi le seul compositeur du groupe et la tête pensante, a salement travaillé ses solos, jugés trop shreds bas de gamme sur le premier album, qui s’en plaindra… La suite avec "Out Of Control" qui nous fait découvrir la très bonne voix claire de Noora (sous-exploitée à mon sens sur cet opus qui se veut la suite logique du premier album). "Out On The Street", et ces 10 premières secondes qui me rappellent fortement un morceau très connu de Children Of Bodom sur "Are You Dead Yet?", reprend le pari gagné de la voix claire couplée avec la saturée. Néanmoins la pauvreté du morceau est de justesse sauvée par le solo de guitare, un peu faible à mon sens.

Globalement, cet album est décevant dans le sens où il n’offre pas plus que son grand frère en termes de fraîcheur et de surprise. Le groupe reprend avec plus ou moins de réussite les ingrédients qui ont fait le succès de leur premier album en s’inspirant toujours des mêmes recettes, en incorporant des solos un peu plus travaillés (on n’en est pas encore au stade de Stratovarius, rassurez-vous, ou pas) et en laissant une petite part au chant clair, pour bien montrer que Noora a dignement remplacé Nitte.


Byclown
Mai 2013




"Steel"
Note : 14/20

Battle Beast, depuis la sortie de leur premier disque en Avril, a fait beaucoup parler de lui. En effet, les Finlandais sont là pour donner une claque de heavy / power des années 80 avec une production très fluide. "Steel" est donc le nom de leur premier album composé de 11 titres. 11 titres pour un premier album ça me paraît assez gros, j’aurais peut-être préféré 8 titres bien concentrés que de risquer de lasser le chroniqueur ou l’auditeur avec 11 titres, mais ce genre de disques ça s’écoute plusieurs fois avant de bien apprécier comme il faut les subtilités des titres. Et en effet dès le début on entre dans un univers heavy / power dans la veine de Crystal Vipers, Doro, ou autre groupes avec une voix féminine ! Ceci est tellement peu fréquent dans le heavy metal actuel d’avoir un vrai chant féminin, qu’il faut le noter ! Mais le chant rencontre quelques faiblesses, on est trop dans le linéaire par rapport aux riffs, trop de montées dans les aigues, et cela devient vite lassant car les riffs bien hachés sont en quelque sorte "gâchés" par ces montées trop fréquentes. Bien que la voix soit féminine pour mon plus grand plaisir, on ne pourra pas louper l’influence d’Accept et de U.D.O. qui est sûrement prédominante au sein du groupe. Même si je n’aime pas particulièrement Accept et U.D.O., ceci reste tout de même très agréable car les clins d’œil restent appréciables ! Les riffs s’enchaînent à une vitesse folle, "Steel""Cyberspace" sont de vraies bombes atomiques comme on les aime, avec un dynamisme et une puissance notable. Les parties power permettent de faire de un, un break assez appréciable, et de deux, de nous divertir et essayer de ne pas tomber dans quelque chose de répétitif, car 11 titres ça reste tout de même un challenge. La production est assez moderne, comme un groupe de power actuel, à la HammerFall je dirais pour vous donner une idée du son produit. Le son des grattes ressort à merveille, la voix est sublime, la batterie mise comme il faut en avant. Bref, un bon petit album et un groupe à surveiller de près. En espérant qu'il fasse une tournée Européenne cet été avec le nombre de festochs qu’il y a, ils pourront sûrement faire un carton. Après rien n’a été inventé, et l’ensemble reste assez similaire à d’autres groupes, on est loin d’un "Made In Hawaii" de Vixen avec la sublime Kim Lachance au chant…


Motörbunny
Décembre 2011


Conclusion
L'interview : Noora Louhimo

Le site officiel : www.battlebeast.fi