"Allez Tous Vous Faire Foutre"
Note : 15/20
"Allez Tous Vous Faire Foutre", voilà ce qui est inscrit en grosses lettres rouges sur fond noir sur le dernier album de Babylon Pression. Le titre de cet opus est à l'image de la musique et des paroles du groupe, droit au but, sans concession. D'ailleurs avec un titre d'album comme celui-ci on se demande presque si l'avertissement concernant les paroles crues est vraiment nécessaire ! Après une bref introduction où la guitare se pavane, BP lâche les chiens avec "Voilà Plus De Trente Ans", un punk bluesy qui envoie la sauce qui pique. On retrouvera ces mêmes sonorités un peu blues également sur "J'en Ai Marre".
Le son n'est pas monstrueux mais est tout de même assez puissant pour permettre de savourer toute la hargne. Nos Marseillais ne connaissent pas les gants et nous livrent deux autres titres ultra efficaces que sont "Des Tasers Et Des Pauvres" et "Allez Tous Vous Faire Foutre", comme pour le reste on balance tout tel quel, notamment des paroles franches, crues et gueulées avec une rage convaincante qui y est pour beaucoup dans la crédibilité du groupe. D'ailleurs toutes les phrases peuvent être considérées comme des slogans faits pour être hurlés en chœur dans un esprit contestataire ! Le discours de Babylon Pression n'est jamais très positif et dans le genre pessimiste confirmé nous avons "A Force D'y Croire On Meurt Déçu" qui s'illustre en un morceau un peu plus hardcore que le reste. On trouve même un titre instrumental au nom un peu trop actuel : "La Crise", rien d'exceptionnel mais le titre se digère plutôt bien (mieux que la crise économique elle même en tout cas). Le rythme s’accélère de nouveau avec "Champagne", et à n'en pas douter, le groupe est bien plus convaincant sur les tempos plus soutenus. En parlant de champagne et de crise voici "Les Banquiers Vont Sauver Ta vie" parce que oui BP c'est aussi un sens de l'ironie assez sulfureux. Notons que l'on retrouve une touche de blues dans ce morceau également. "Allez Tous Vous Faire Foutre" s'achève sur un titre un peu plus léché musicalement intitulé "Amour Amour Foutaise Foutaise", bien plus chaotique que le reste. Parfait pour une fin d'album.
Cet opus s'écoute d'une traite. Sans être léger il est facile d'accès et le plaisir est immédiat. Bien entendu BP c'est une musique engagée il n'y a qu'à visiter leur superbe site Internet pour réaliser qu'ils présentent la formation comme une organisation. Si vous ne voulez pas vous prendre la tête est cracher un peu sur ceux qui nous gouvernent vous pouvez acheter cet album en deux exemplaires. Un pour l'écouter, (quand même !), l'autre pour aller le jeter sur le palais de l’Élysée comme un pavé ! Mais il va y avoir du sport parce qu'il y a seulement 500 exemplaires de disponibles !
"Travaille, Consomme Et Meurs"
Note : 16/20
La France va mal, faut il en rire ou en pleurer ? Les Marseillais de Babylon
Pression nous mettent, sous forme de deuxième voir troisième degré le nez dans notre
caca et la Babylon Pression Inc. n'est jamais en gréve, faisant fructifier les
bénéfices et prenant des points au Ca40, et, fait nouveau, en délaissant
désormais sa fusion raggae traditionnelle pour un changement de cap revitalisant
le désormais quatuor phocéen. "Travaille, Consomme Et Meurs" démarre sur le
surpuissant "Seul Parmi Les Autres", modéle d'efficacité, laissant entrevoir
un côté très rock 'n' roll que l'on n'aurait su deviné. On est vite conquis par
la dynamique du morceau, et le côté narquois du texte. "Je Ne Sers A Rien",
s'enchaîne avec la même fraicheur, sous forme d'acide édulcoré au punk rock 'n'
roll, n'oubliant toutefois pas ses racines metal sur sa fin lourdisisme. "Déjà
Mort", avec son intro interpelante, nous montre un côté plus louffoque, les
interventions des samples nous mettant à la place de ce pauvre "Petit Jean Luc".
Là, les reférences à la frenchcore sont plus évidentes, notamment sur les
dernières parties de la chanson, sautillante et groovy. S'enchaine "La Vie Sous
Vide", morceau plus lourd et noir, nous montrant là encore une face étonnnante,
plus mélancolique et Led Zepplienne des provencaux. Un sample alarmant de
Devilliers nous replonge dans le punk core très old school de "La France A
Peur", avec un solo de guitare complétement décalé, nous donnont envie de
chausser une paire de Docs et aller pogotter furieusement. Les interventions de
samples d'anthologie sont d'ailleurs énormément présents tous au long du
disque, nous permettant de s'immerger totalement dans l'ambience moite de ce
"Travaille, Consomme Et Meurs". Tapant à tout va sur l'état de notre société bien
mal en point, l'instrumentale électro "Responsable Mais Pas Coupable" nous
sort sourires et amertumes, pour mieux nous claquert les joues avec les
dynamiques "Demagloria" ou bien "J'ai Trente Ans Et J'ai Rien Fait", on notera
le bon goût déluré du morceau caché que je vous laisserai découvrir avec délice.
Babylon Pression nous signe un concept album plus que convainquant, imposant sa
nouvelle personnalité en mettant en application une ouverture d'esprit musicale
dont en ressort grandit et des textes engagés aux tonalités malicieuses.
"Négative Génération"
Note : 14/20
Avec ce premier album, le groupe Marseillais Babylon Pression rentre directement dans le top 50 du néo-metal Français juste derrière Watcha, Enhancer et Tripod. Tripod, autre groupe Marseillais dont Babylon Pression semble se rapprocher dangereusement au niveau du son, des paroles et de la composition. L'empreinte des groupes pré-cités est indélébile, sur "Personne" on se rappelle de suite du "Personne, personne n'est plus cupide que moi" de Watcha et sur "La Fange" on se demande si on écoute pas une nouvelle version de "Cinglés" de Enhancer. Heureusement pour la qualité globale de l'album, Babylon Pression se démarque avec ses voix et passages ragga comme sur "Champion Lova" et "Emeute" mais les riffs typiques "néo" et le gros son nous ramènent de suite à la réalité, les Marseillais ne sont pas loin de se noyer dans la masse Enhancerienne. La deuxième partie de l'album est déjà plus intéressante musicalement parlant. "Schizo" envoie bien la (Sriracha) sauce et alterne habilement entre metal percutant et passages fusion-ragga entraînants. Bien que manquant un peu d'intensité à mon goût, "J'oublie" rappelle le Babylon Pression de "Classé-X", le Babylon Pression bien pêchu qu'on aurait aimé retrouver sur cet album. Sur "R.M.I", l'ombre Enhancer revient à la charge et on évite de peu l'éclipse grâce à une fin bien enragée. "Contre-Courant" clôture l'album et traduit très bien mon impression générale, Babylon Pression navigue à contre-courant, cherchant à se rapprocher des gros calibres du néo-metal Français, quitte à perdre de son identité qui a fait fureur et le charme du groupe sur "Classé-X". Alors certes cet album est propre, bien produit, bien construit, quelques idées sont bien là, il est taillé pour la "négative" génération mais à l'heure où beaucoup de groupes tournent en rond et finissent par se ressembler comme deux gouttes d'eau (peut-être) par manque d'originalité, on en attend forcément un peu plus pour voir enfin un vrai rayon de soleil.
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