Je me suis pris une partie de la station Mir dans la gueule. August Burns Red, groupe Américain de hardcore, nous a ici pondu un troisième album, qui mérite véritablement qu’on y jette un coup d’œil. Question prod, rien à redire, les groupes de ce calibre ne laissent place à aucun défaut.
Et à l’intérieur alors, ça donne quoi ?
L’album s’ouvre avec "Ocean Of Apathy". Une mélodie aiguë, au niveau de la lead guitare, qui mène la barque sur le morceau. Puis la voix, au début, une voix plutôt criarde, mais qui s’impose au fur et à mesure du morceau. Pas de pig squeal ni de grunt, mais du chant rauque, criard sans autant être perceur de tympan quand il le faut, et une sacrée puissance au niveau des gémissements. On sent que y a du souffle. Autre chose intéressante dans ce morceau, la polyrythmie, on sent les différents moments du morceau, puis c’est aussi quand s’il y avait plusieurs morceaux, plusieurs houles et ondulations dans cet océan.
Faut dire, August, c’est assez particulier. Dans le sens, où parfois, le guitariste se laisse aller à des digressions heavyques (sur "White Washed" par exemple, "The Escape Artist", ou encore "Crusades", chanson qui bâcle particulièrement bien cet album) . C’est pas non plus des gros ricains qui nous arrivent avec leurs sons bien lourds, même si après les passages mélodiques, branlage de manches, le côté hardcore nous revient et nous propose des mosh part des plus virulentes, qui vous donnent envie de remuer vos bras et vos jambes (la fin de "White Washed", justement).
En gros, c’est un peu comme si c’était un compromis August. Dans une boule (sûrement une eight ball), ils nous ont balancé des passages mélodiques (voire très mélodiques, sur "Marianas Trench", où la voix n’apparaît qu’au bout d’1min 20), des breaks, du doigté ("Meddler") de la double pédale, un métronome, ainsi que les bases du hardcore (toujours sur "Marianas Trench", un passage indéniablement 2-step), ils ont secoué tout ça, et ça leur a fait de quoi jouer.
Un compromis, parce qu’on retrouve à côté le metal et le hardcore. Ahhh, c’est donc pour ça que ça s’appelle metalcore ? Moi qui pensais juste que c’était une catégorie à part, où on mettait les trucs pour lesquels on trouvait pas d’étiquette. Aurai-je enfin une définition de ce style ?
En tout cas, y a même des petits passages tristes, "The Escape" artist se termine sur du piano, comme quoi…
Bref, l’écoute se poursuit. Jusque-là, je suis plutôt conquise. Je les avais vus en Allemagne y a bientôt deux ans, et c’est vrai que j’avais bien aimé (bon, sauf le passage "je fais ma prière sur scène", là non, je suis réfractaire). Mais bon, comme je suis ouverte d’esprit, je m’en suis pas arrêtée là.
Un passage que je réprime sur le morceau "Inodesia", à 2min10, où on a vraiment un chant "chanté", pour la peine, et qui là non, ça colle pas. Enfin, ça collera peut être pour certains, mais pas pour moi. Pourquoi ? Parce que je trouve que ça fait trop "hardcore actuel", la scène qui a légèrement tendance à m’escagailler (genre "salut, on a des mosh part, des chants clairs pour faire so emo, et on est des gros méchants tatoués, des coreux quoi"). Mais bon, en même temps, une erreur de parcours, ça peut arriver (là, j’en rajoute un peu) et si c’est le seul défaut de l’album, on peut passer l’éponge.
Sur "Meridian", chanson la plus longue de l’album (6min) , on a droit a des effets, utilisation de la pédale de disto, un peu plus d’aigu, passages calmes et lents, un moment de batterie vers 2min10, qui nous donne l’impression que la chanson va monter en puissance, mais qui est juste une sorte d’interlude de violence, puisque la chanson reste calme, entraînante, pensive. Une voix parlée, camouflée, qui devient ensuite, criée, un cri qui vient des trips, sans aucun doute, comme une complainte. Et là, bah le moment un peu "so depressed", bah ça passe totalement. Y a pas besoin de jouer les torturés pour faire passer des émotions de tristesse, pour vous prendre l’estomac et vous le tordre. De la nostalgie.
Comme quoi, y a de tout sur cet album, il est loin d’être répétitif.
Puis bon, vu qu’ils ont un peu "flanché", la chanson suivante, "Rationalist", c’est forcément une déferlante de ce que le groupe sait le mieux faire : des moments heavy, des rythmes différents, de la grosse voix. C’est toujours la même structure, mais c’est loin d’être un point négatif quand c’est bien fait (un peu comme André Gide d’ailleurs, simple, mais efficace. Je vais décidément trop loin)
Alors, que dire d’autre que ce décorticage ? Que "Constellations" est un putain d’album, qu’il faut écouter à fond, quitte à emmerder vos voisins (au moins, ça leur fera écouter de la bonne musique, parce que les miens, ils écoutent plutôt de la merde). Et puis bon, si August Burns Red vient jouer à l’église d’à côté, j’irai sûrement les écouter tiens.
Alors, chers petits lecteurs, n’oubliez pas cet adage chrétien : lorsqu’on se prend une claque, il faut tendre l’autre oreille.
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