"Salam"
Note : 18/20
Deuxième album du groupe Arkan mariant la musique folk orientale et le death metal. Après leur excellent premier album "Hilal", Arkan a renforcé son style de base en apportant un travail de qualité sonore et musicale. En effet, on ne peut qu’être charmé par le son tellement pur au niveau de tous les instruments. D’où vos oreilles ne souffriront pas le martyr et par conséquent, vous ne pourrez pas nier que l’enregistrement est de mauvaise qualité. Un bon point. Côté instrumental et vocal, c’est énorme ! Oui, je sais, résumer de cette façon n’est pas la meilleure façon de s’exprimer mais c’est la première impression qui m’est venue en écoutant "Salam" pour la première fois. Pour décrire ce folk death metal oriental, on se doit de rentrer dans une ambiance aux sonorités faisant penser à Orphaned Land.
La première piste "Origins" ne fait pas dans la littérature douce des contes de fées orientaux. En effet, une fois la guitare sèche jouée en introduction, les guitares saturées s'imposent accompagnées du chanteur Florent. Ce dernier possède toujours le chant rauque aussi puissant que dans leur précédent album "Hilal". De plus, des intonations musicales de guitares orientales plus discrètes mettent en valeur la piste. Mais cette fois-ci, Florent ne s'impose pas sur scène comme le chanteur leader. En effet, il est dorénavant au même niveau que le chant féminin de Sarah. Tout cet ensemble s'alterne avec force et puissance démontrant que le groupe a su évoluer de manière positive. Dans la piste "Inner Slaves", il y a de nouveau cette introduction de musique folk orientale qui va se couvrir par des riffs lourds sous un chant masculin en recul. Cette force du metal va s'atténuer doucement au moment où le chant féminin entame le couplet. Et le refrain repart dans une double pédale marquante avec la voix masculine hurlante. Le chant féminin revient mais toujours couvert par les guitares saturées du couplet qui va se calmer progressivement pour mieux repartir. Le plus marquant sont les intonations des voix qui s'alternent dans des tons vraiment accrocheurs et prenants. Pour "Deus Vult", le morceau est composé au niveau instrumental de la même structure que la première piste avec l'altercation chant masculin et féminin. L'âme instrumentale des pays d'Afrique du Nord y est toujours conservée et le chant masculin de Kobi Farhi aux sonorités classiques orientales s'ajoute suivant de près le chant rauque masculin de Florent. Pour l'instant, j'en suis à trois chansons décrites et déjà pour moi ce sont des incontournables dans le monde du metal. La lourdeur du metal combinée avec la musique des pays du Magreb signée Arkan est une réussite sur tous les plans.
Pour parler des pistes suivantes "Blind Devotion" et "Beyond Sacred Rules", si vous avez apprécié les pistes précédentes, alors vous n'aurez pas de mal à vous imprégner de ces chansons envoûtantes vous transportant dans un voyage sans fin au milieu du désert du Sahara. A noter pour la piste "Jerusalem - Sufferpolis", celle-ci est uniquement consacrée au chant de Sarah sous les guitares orientales ainsi que les percussions douces en harmonie avec son chant clair. Celui-ci continue dans les mêmes sonorités avec des moments poussés sous des guitares saturées bien lourdes. Une chanson douce et en même temps forte qui ne vous déconnectera pas de l'album de sitôt. La transition s'effectue par "Commun Ground" calmant la furie dévastatrice des pistes précédentes par des guitares claires et tout repart dans "Sweet Opium" avec le retour du chant masculin et féminin s'altérant toujours dans ce bonheur issu de la forgerie orientale death metal. Les pistes "Salam" et "Call From Within" oublient les guitares saturées au profit de l'instrumentation orientale acoustique classique où Sarah s'y adonne seule au chant. La batterie et la basse y sont mises en valeur de façon très évidente, permettant de ne pas oublier le style de musique dans lequel nous sommes toujours plongés. Ces deux pistes restent tout de même très calmes et reposantes même si une guitare solo saturée continue à nous bercer dans l’environnement metal. Quant à "Lightened Heart", il est grand temps de se réveiller car les riffs lourds viennent vous chatouiller les oreilles pour enchaîner sur "The Eight Doors Of Jannah" dans la même lignée que les premières pistes de l'album. Il n'y a pas à dire ni à contredire, Arkan possède vraiment la force et un style proprement à eux.
En plus d'avoir un gros son superbement travaillé ne crispant pas les oreilles, Arkan a tous les atouts pour s'imposer et se faire connaître au-delà de l'hexagone. Tiens, j'ai oublié de parler de la dernière piste "Amaloun Jadid II", ou plutôt des deux chansons uniquement instrumentales sur cette même piste. Elles marquent la fin de l'album avec des pistes orientales stylées BOF, histoire de montrer qu'Arkan a encore de la ressource et de l'énergie à revendre. Toutefois, j'espère qu'ils continueront à toujours en garder un grand stock notamment pour s'exporter et s'imposer au niveau studio et live sur la scène metal.
"Burning Flesh"
Note : 13/20
Arkan nous pond ici 6 beaux titres de death très lourd sur une galette très bien produite avec en petit bonus un joli artwork. Le death metal de ce quintette est carré et massif, mais manque à peine de vigueur que même les quelques solos de guitare ne parviennent pas à véritablement faire décoller. La voix est vraiment gutturale et la batterie blaste bien, mais l’ensemble reste timide et semble introverti. Cela gâche un peu les compositions dont les riffs sont vraiment puissants et variés. Si plus de place était accordée aux guitares, "Burning Flesh" se verrait peut-être insufler une bonne dose d’énergie sauvage qui dévaste tout quand elle est utilisée à bon escient. D’un autre côté les paroles des chansons abordent sans se cacher des thêmes sérieux comme les attentats et la religion. J’apprécie le dernier titre "Ray Of Hope" qui est le plus vigoureux, mais qui comporte aussi un message. Arkan parle d’irréversibilité de nos actes, mais cette chronique ne condamne en rien les quelques petits défauts de cet EP ; la scène ouvre d’autres dimensions, et Arkan doit certainement réussir à y trouver sa voie pour tous nous faire headbanguer. Affaire à suivre.
|
|