"Hérésie"
Note : 14/20
Retour aux sources avec cet album à nouveau produit par Daniel Bergstrand (qui s’est occupé de "Sombres Efforts" et "Polaroids & Pornographie"). L’album commence par quelques notes de guitare légères passant vite à un son saturé pour l’intro de "Hérésie" qui donne son nom à l’album. L’agressivité de la voix d’"Uniformes" offre rapidement à l’atmosphère générale une impression de mélancolie ("nous mourrons tous seuls"), alors que le rythme, soutenu tout au long du morceau, nous met en selle dès le début et jusqu’au bout.
L’enchaînement musical se fait de manière logique et c’est presque comme si l’on écoutait une unique piste en continu que l’on dévore cet album d’une sensibilité et d’une puissance incomparable à ce que Aqme n’ait fait auparavant. Sensibilité dévoilée sur "Karma & Nicotine" grâce à ses séduisantes mélodies et cette voix claire qui mettent ce titre à part des autres et le place en premier single.
Les clichés peuvent parfois se faire ressentir sur "En Saga Om Livet" avec son refrain "cette souffrance a déjà un nom, elle s’appelle vie" bien que la mélodie soit sublime et reposante. Dans la même lignée nous avons ensuite affaire avec "Romance Mathématique" où l’on retrouve le même cliché "j’attends depuis longtemps, un amour passionnant/fascinant, peut-être trop" où la mélodie s’accroche bien ainsi que la voix claire qui nous entraîne mieux que sur d’autres titres ("Uniformes" par exemple).
"Casser/Détruire", qui est le titre le plus énergique de l’album, nous ravie les tympans en moins de 3 minutes et l’on apprécie agréablement la partie de double pédale sur la toute fin.
Les paroles traitant des problèmes de notre société et notre hypocrisie sont flagrantes dans "312" (qui est la chanson la plus représentative du groupe, selon lui-même) avec "je ne veux plus jamais subir vos décisions" très bien hurlé.
Les notes extrêmement lourdes et saturées de basse sur le dernier morceau "Triskaidekaphobie" sonnent aux oreilles et nous remue les tripes, seul petit bémol, ce "vendredi 13" répété sans cesse qui peut lasser à un moment.
Un album qui joue entre rock et métal, certains morceaux étant plus soft que d’autres, des paroles mettant en scène des personnages vivant entre enfer et paradis (optimisme / pessimisme) qui collent à un age oscillant entre adolescent et adulte, un mélange savamment orchestré avec une super production qui nous offre au final une galette à déguster avec patience pour mieux la digérer.
"Live(s)"
Note : 15/20
Après trois albums studio, Aqme nous revient avec cette fois-ci, un album live ainsi que d’un DVD live, ce qui va, à coup sûr, ravir les fans. Je vais cependant chroniquer uniquement l’album live. Il a donc été enregistré à Bruxelles et plus précisément à l’Autre Belgique en 2006. Il est ainsi composé de seize titres. Nous pouvons notamment retrouver des titres issus des différents albums tels que "Ténèbres", "Le Rouge & Le Noir", "Pornographie", "Tout A Un Détail Près" ou même "Si N’existe Pas". A l’écoute de ce live, c’est la qualité sonore qui m’a d’emblée marqué. En effet, les prises de son sont remarquables, et il en est de même pour le mixage… à tel point que l’on s’y croirait presque ! Petit bémol tout de même. Je trouve cela dommage que les titres soient autant identiques aux albums studios. En dépit de quelques chœurs présents sur certains morceaux, comme par exemple sur "À Chaque Seconde" où Koma propose au public de chanter avec lui un troisième couplet, j’aurais toutefois imaginé que le live soit un peu plus différent des albums. Malgré cela, "Live(s)" reste de qualité et contentera les fans n’ayant pas eu la possibilité de se déplacer pour voir le groupe en concert.
"Polaroïds & Pornographie"
Note : 15/20
Second album du combo parisien, membre de la Team Nowhere, et pourtant si loin de ses "collègues". Cet album, au visuel très glamour, est vraiment lourd au niveau sonore, d'une part grâce à la réalisation (par Daniel Bergstand, réalisateur entre autres des albums de Meshugah ou encore Shovel) et aussi et surtout grâce au talent des musiciens. La basse, arme de prédilection de Charlotte, est toujours aussi slappée, même si le médiator trouve sa place parfois. Bien qu'il se soit coupées les dreads, Ben joue toujours aussi speed, avec beaucoup plus d'effets que sur "Sombres Efforts" .Etienne semble avoir une énorme grosse caisse tellement ses beats font vibrer les boomers. Enfin, Thomas/Koma nous fait preuve de son travail sur la voix. En effet, ses passages mélodiques s'enchaînent toujours parfaitement avec ses passages de gueulantes bien emo. De plus ses textes sont moins perso et vécu, ce qui rend "Polaroïds & Pornographie" très accessible (je n'ai pas dit radiophonique !) aux personnes désireuses de découvrir le nouveau rock français, qui n'est pas représenté par Emma Daumas ni Lorie ! De plus, l'édition digipack collector possède un second CD avec un titre inédit ("Automédication") et 5 titres live enregistrés aux dernières Eurocks, ce qui rajoute près d'un demie heure à cet album ma foi trop court (~47minutes). A écouter : "3'38" ; "Être & ne pas être" ; "La réponse".
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