Le groupe
Biographie :

Aosoth est un groupe de black metal Français créé en 2002. A l'origine, Aosoth était un projet parallèle formé par les membres du groupe Antaeus. En 2007, suite à la mise en veille d'Antaeus et au désistement de la plupart des membres du groupe, le chanteur MkM, seul rescapé du line-up originel, recrute BST, guitariste au sein de Balrog, Aborted et Genital Grinder et relance Aosoth. Le groupe sort son deuxième album "Ashes Of Angels" en Octobre 2009.

Discographie :

2008 : "Aosoth"
2009 : "Ashes Of Angels"
2011 : "III"


Les chroniques


"III"
Note : 17/20

Déjà le troisième album pour Aosoth qui ne chôme pas ces derniers temps, pas toujours bon signe puisque certains ne laissent pas le temps à l’inspiration de revenir en forme. Ce n’est pas le cas de Aosoth qui s’est même permis une grosse refonte de style pour cette troisième galette.

Je vous rassure tout de suite, ils ne se sont pas mis à taper dans le sous Cradle, c’est toujours du black bien malsain voire même plus qu’avant. Ben oui cette fois ils ont décidé de ne plus foncer dans le tas comme sur les deux premiers albums, même si les blasts se taillent encore une bonne part du gâteau on se rend compte tout de suite que leur musique est devenue plus pesante. Le résultat au final c’est que tous les morceaux sont beaucoup plus malsains, blindés de dissonances et le rythme se permet la liberté de carrément ralentir pour vous écraser les vertèbres à coups d’enclumes. Si vous n’en êtes pas encore convaincus je vais vous le confirmer, plus la peine de zieuter ce qui se fait en black scandinave puisque la relève est chez nous (entre autres) depuis un bon moment déjà.

Avec cet album Aosoth a décidé de vous traîner tout au fond, on se retrouve englué dans une matière qu’il ne vaut mieux pas identifier et pas moyen de se dépêtrer de ce truc poisseux. Je ne sais pas ce qui leur est arrivé mais autant les deux premiers étaient forcément déjà bien sombres, autant celui-ci explose tous les records depuis les débuts du groupe. C’est d’une noirceur impressionnante et on n’a pas un seul instant de répit pour essayer de reprendre un peu d’oxygène. Si vous vouliez retrouver l’esprit originel du black vous êtes plutôt bien tombé, "III" est un mélange parfait d’agression, de brutalité et les ambiances sont totalement dégénérées et crades. Si ce groupe garde cette progression d’albums en albums le prochain sera proprement terrifiant, et en ces temps de musique aseptisée, lisse et propre ça fait carrément du bien d’entendre un truc dégueulasse. 

Il y a une espèce de folie totale qui s’est emparée de la musique d’Aosoth et qui n’était pas présente avant, ou en tout cas pas dans ces proportions. La structure même de l’album est différente, là où tous les titres étaient indépendants sur les deux premières galette cet album donne l’impression d’être un énorme bloc de charbon dont tous les titres sont liés les uns aux autres. En tout cas le pari est réussi, on ne lâche pas l’écoute en plein milieu et se laisse entraîner dans les bas fonds (le début de "V" est vraiment terrible dans le genre). Et puis on a toujours les vocaux totalement décharnés de MKM pour rajouter à la noirceur ambiante, ce mec a définitivement une des meilleures voix du black pour moi.

Bref Aosoth était bon sur ses deux premiers albums, il est devenu carrément excellent sur ce nouveau méfait. Je pense que pas mal de monde sera d’accord avec moi, ce troisième album va vite devenir quasi indispensable à tout blackeux qui se respecte tant l’ambiance y est pesante et authentique. Si vous en avez marre du soleil et des gens qui se tassent à la plage près de chez vous, mettez vous ce "III" dans les oreilles ça devrait remettre pas mal de choses à leur place.


Murderworks
Juillet 2011




"Ashes Of Angels"
Note : 16/20

Vous aimez les bains de boue ? C’est très bon pour la peau. Non mais si je vous demande ça c’est parce qu’on a un nouveau dispositif à notre disposition vous voyez, ça s’appelle le Aosoth et c’est très efficace. En l’espace de 45 petites minutes vous allez littéralement rajeunir, parce que de la boue on n’en manque pas avec lui. D’ailleurs il va prendre un malin plaisir à vous y trainer vous allez voir, c’est un vrai bonheur (oh pardon). Ceux qui ce sont d’ailleurs penché sur la première version longue de ce projet de rajeunissement des cellules auront pu remarquer la puissance de ce procédé. Et bien là nous disposons d’une mise à jour encore plus riche en boue et d’autres matières visqueuses relativement inconnues. Mais bon peu importe de savoir de quoi c’est fait, tant que ça marche c’est le principal non ?

On sent clairement qu’Aosoth aime son black metal à l’ancienne, pas de fioritures Bisounoursiennes ici. On tape fort et là où ça fait mal sinon c’est pas marrant, alors oui il y a sûrement l’habituelle bande de grincheux qui va venir nous souffler dans les bronches qu’il n’y a rien de franchement original. Et je serais tenté de leur répondre qu’on s’en bat les glawis avec un tractopelle, on est venu là pour avoir quelque chose d’efficace et de vicelard. Et sur ce point, force est de constater qu’on n’a pas été déçus, hein les gras ? Une véritable collection de riffs tous plus crados les uns que les autres, supportés par quelques dissonances et autres dégueulasseries guitaristiques du plus bel effet. Vocalement parlant bah la voix de MKM fait comme d’habitude des miracles (re-pardon, qu’est ce que je peux faire comme bourdes moi aujourd’hui !), bien haineuse et torturée comme il faut. Autant dire que BST et MKM se sont bien trouvés sur ce coup là, entre les riffs dégueulasses du premier et la voix d’écorché vif du second on peut dire qu’on le tient notre duo gagnant !

Et derrière tout ça ça blast dur, mais le duo sait ménager quelques petites acalmies à certains endroits clés pour mieux repartir dans le défonçage de dents en règle. D’autant plus que lesdites acalmies sont bien pesantes et vicelardes, malgré l’apparition ici et là de quelques petites mélodies. Une fois de plus on sent l’héritage de la scène extrême des 90’s, voir même encore antérieure. Du black metal frontal, sans ornements atmosphérico-symphoniques, sans bidouillages électro ou autres vocalises féminines. Ici on est entre poilus, et les amateurs de mièvreries soit disant extrêmes vont vite se barrer en courant. Les amateurs de black metal pur et dur vont se régaler et jetteront des projectiles aux premiers en les regardant fuir. Bon on notera quand même que même si l’approche reste frontale, il y a un coté un peu plus contrôlé que sur le premier album.

Pour ce qui est du son vous vous doutez bien qu’avec BST aux commandes on ne va pas se retrouver avec de la bouillie sonore. C’est assez puissant sans tomber dans le son monstrueux (faut dire que ça ne collerait juste pas du tout à ce style de black) et les grattes disposent de cette petite touche de graisse qui les rend juste assez sales sans tomber dans le bordel inaudible. Bref du bon boulot qui colle parfaitement à l’album et au style pratiqué. D’ailleurs les blackeux suscités auront le plaisir de retrouver "Inner War" du très grand Antaeus dans une nouvelle version un poil plus speed et plus propre aussi. C’est d’ailleurs ce dernier point qui me fait préférer la version originale, plus chaotique et donc encore plus méchante. Mais que ça ne vous empêche pas d’y jeter une oreille attentive, comme on dit l’égout et les douleurs…

Donc voilà un bien bel album (bon ok je vais me coucher) de black metal pur sucre qui devrait amplement contenter tous les amateurs de la chose et qui confirme ce que je pensais d’Aosoth avec le premier opus. D’ailleurs il faudra que quelqu’un dise à BST qu’un être humain normalement constitué est sensé dormir un minimum quand même, entre les prods et les mutliples groupes dans lesquels il joue je commence à douter de son origine humaine. Mais bon à la limite tant que la qualité est là (comme c’est le cas ici) je ne vais pas m’en plaindre.


Murderworks
Décembre 2009


Conclusion
Le site officiel : www.myspace.com/aosoth616