Le groupe
Biographie :

Anthon Norwell (Memory Of Silence, The Norwell Project et Artgotika) sort un nouveau concept, cette fois-ci en partie instrumental. Anthon Norwell Experiment est un projet musical accès sur le côté spirituel et le ressenti vis à vis de la croyance et des religions à travers le monde. Avec le premier album "Esoteric Fall", il nous offre un voyage dans différentes cultures, défini par un côté musical bien représentatif du sens mélodique d'Anthon. Suite à l'accueil du premier album "Esoteric Fall", Anthon Norwell entre de nouveau en studio afin d'enregistrer un deuxième opus, cette fois-ci accompagné d'un bassiste (Pascal Louvigny).

Discographie :

2015 : "Esoteric Fall"
2017 : "The Dark Parts Side Of Heaven"


Les chroniques


"The Dark Parts Side Of Heaven"
Note : 16/20

Anthon Norwell Experiment, dont je vous avais déjà parlé en ces pages, est de retour avec rien moins qu'un double album concept ! Un projet ambitieux sur lequel certains groupes se sont cassés les dents, mais Anthon Norwell nous a déjà prouvé par le passé qu'il avait des ressources et je pars donc confiant avec ce nouvel opus nommé "The Dark Parts Side Of Heaven".

Une fois de plus il va être assez difficile de classer la musique proposée sur ce nouvel album, même si on pourrait parler d'un rock atmosphérique et planant avec une inspiration progressive. On sent souvent l'esprit de Pink Floyd flotter au-dessus de ces dix-neuf morceaux, que ce soit dans le côté planant ou les ambiances sombres et plombées. Vous vous doutez bien qu'il va falloir l'écouter une paire de fois pour s'y retrouver, entre les passages expérimentaux et la densité de l'album il est clair que l'on n'en fera pas le tour en une fois. Tant mieux pour nos oreilles, ce genre d'album fait du bien au milieu de certains groupes proposant une musique vite digérée et vte oubliée. Anthon Norwell n'en fait qu'à sa tête et ne cherche pas à entrer dans un quelconque moule, les sonorités et influences se mélangent, les structures se font complexes tout en proposant une musique relativement dépouillée et les ambiances sont aussi sombres que bizarres (les dissonances de "Memory Of Shadows" par exemple ). Pas de démonstration technique ici évidemment, très peu de saturation sur les guitares, le climat est feutré et à cheval entre la mélancolie et la dépression. Quelques sonorités orientales se font parfois entendre dans le chant de Jémina Robineau, sa voix apportant d'ailleurs une certaine chaleur qui crée un contraste avec les ambiances parfois assez froides. Le thème abordé concerne apparemment l'après vie, un thème qui intrigue visiblement Anthon Norwell puisqu'on le retrouvait déjà sur "Esoteric Fall".

Vous devez vous dire qu'avec tout ça vous n'êtes pas plus avancés. Alors pour mieux situer, la bio cite Camel, Steven Wilson et Pink Floyd comme influences, à défaut de pouvoir coller une étiquette cela permettra peut-être à certains de savoir à peu près dans quoi ils vont mettre les pieds. Il est à noter que le concept n'est pas totalement contenu sur ce CD, les dix-neuf morceaux présents ici constituent les deux premières parties du concept, la troisième sortant à part sur un EP. Par rapport à "Esoteric Fall", on note un chant plus présent même si la narration se fait une place importante, un chant partagé entre Pascal Louvigny et Jémina Robineau précédemment citée. Comme pour "Esoteric Fall", la production a été faite avec les moyens du bord mais le tout sonne suffisamment pour que l'on comprenne aisément ce qui se passe et pour entendre tous les instruments et arrangements distinctement, à moins de faire la fine bouche il n'y a rien de rebutant. Il y a en tout cas sur "The Dark Parts Side Of Heaven" la même sincérité que sur "Esoteric Fall", on sent que cette musique vient des tripes et le groupe n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour nous saisir les tripes. Un album qui ne sera pas pour tout le monde surtout que ces dix-neuf morceaux représentent quand même près de soixante-quinze minutes de musique, mais ceux qui arriveront à entrer dans cet univers feront l'expérience d'un voyage aussi déroutant que poignant.

Un nouvel album une fois de plus personnel, riche et dense qui n'entre dans aucun moule et qui va totalement à l'encontre des modes actuelles. Plus complexe et plus planant encore que "Esoteric Fall", ce nouvel album évolue par contre dans un univers semblable et prouve qu'il y a bel et bien une patte Anthon Norwell.


Murderworks
Août 2017




"Esoteric Fall"
Note : 17/20

Nous vous avons déjà parlé du groupe de metal progressif Memory Of Silence en ces pages, mais cette fois je vous présente le projet solo d'Anthon Norwell qui pour le coup s'éloigne du terrain de jeu de Memory Of Silence. Il nous livre cette fois un album quasiment instrumental, les rares voix qui l'habitent sont presque toutes des samples, et propose pour le coup un univers très sombre, parfois expérimental et plutôt évocateur tout en restant évidemment empreint de progressif.

Le point commun avec Memory Of Silence, c'est justement ce côté sombre, très mélancolique voire carrément plombé. "Entrance", en à peine plus de deux minutes, donne déjà le ton avec une ambiance presque horrifique. Mais c'est "Heretic Nightmare" qui lance vraiment ce "Esoteric Fall" et si on sent quelques sonorités rock dans les riffs, il n'en reste pas moins que ce sont les mélodies et une ambiance sombre qui prédominent. Pas de gros metal qui tâche ou de débordements techniques ici, la guitare est très présente mais apporte surtout des mélodies au lieu des gros riffs habituels. Quelques claviers appuient les dites ambiances sans jamais prendre le pas sur les guitares, donc pas de grosses nappes de synthé, juste de quoi apporter plus d'épaisseur à l'ensemble. Cet album solo d'Anthon Norwell privilégie la douceur et les ambiances, un morceau comme "Nostalgia" est d'ailleurs un très bon mélange des deux (avec quelques mélodies qui me rappellent presque le groupe Diabolique, pour les rares qui doivent connaître...). Un morceau qui apporte d'ailleurs quelques rayons de lumière à un album qui ne respire pas spécialement la joie de vivre. On sent en tout cas l'authenticité de la chose, on est loin de certains groupes qui jouent dark pour le plaisir de jouer dark. Anthon Norwell ne tombe jamais ni dans la facilité ni dans la caricature, les mélodies sont toutes inspirées et poignantes et le fait d'apporter quelques touches plus lumineuses de temps en temps donne une beauté assez particulière à cet album. Et si on peut vaguement deviner quelques influences à certains endroits, on aurait pourtant bien du mal à pointer un rapprochement en particulier. Anthon Norwell fait son truc et même si c'est un premier album solo, il présente déjà une personnalité affirmée.

Le maître des lieux en a aussi profité pour explorer divers territoires musicaux et certaines sonorités quelque peu exotiques se glissent ici et là au milieu de la mélancolie ambiante. Tout ces éléments donnent de la vie à "Esoteric Fall" et même si on sent un fil conducteur tout au long de l'album les morceaux nous font passer d'une ambiance à l'autre avec une facilité déconcertante. Une cohérence indéniable qui permet à Anthon Norwell de nous présenter des montagnes russe musicales sans jamais se prendre les pieds dans le tapis. Le dernier morceau, "My Heart", qui est le seul à être réellement chanté se permet donc le luxe de se détacher du reste de l'album sans choquer le moins du monde. Un album intéressant à plus d'un titre donc, puisqu'il permet, outre de passer un très bon moment musical, d'entendre qu'Anthon Norwell a plus d'une corde à son arc et qu'il peut aborder des registres très différents avec la même réussite que chez Memory Of Silence. Si vous connaissez la musique de ces derniers, ne vous attendez donc pas à quelque chose de similaire, mettez vos attentes de côté et profitez simplement de la musique. Il vous faudra forcément un certain temps avant d'assimiler cet "Esoteric Fall", il n'y a rien de techniquement dingue mais la variété des ambiances et les multiples registres abordés font que l'album ne vous livre ses secrets qu'après de multiples écoutes. Certains décrocheront peut-être aux premiers essais, mais si vous persévérez, cet album finira par vous parler. Je ne sais pas si c'est un hasard du tracklisting ou si c'est un ressenti personnel mais j'ai l'impression que plus on avance dans l'album plus il vous saisit. Et je me suis surpris à l'écouter plusieurs fois d'affilée, c'est dire à quel point la petite quarantaine de minutes passe vite !

Voilà donc un premier album solo qui se détache du pur metal mais sur lequel je vous conseillerais de jeter une oreille attentive. En ces temps d'uniformisation, voilà une musique personnelle, loin des codes propres au metal, qui se fout ouvertement des barrières et qui n'a d'autre prétention que de vous faire écouter ce qu'elle a sur le cœur.


Murderworks
Mars 2016


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/anthon-norwell-experiment-1906869562870960