"Sick"
Note : 18,5/20
Découverts à la lecture d'un magazine dont je tairai le nom, Anorak m'avait séduit de par son inspiration Botchesque. Ayant une forte attirance (non sexuelle) pour ce groupe, les Français m'avaient agréablement surpris. Deux ans après "My Own Haze", ils reviennent bousculer vos oreilles avec "Sick". Commençons par l'artwork, validé à 100%, un côté étrangement bestial enveloppé d'une certaine douceur végétale.
La machine se lance avec "Long Black Half Hair" qui, dignement nous chauffe à recevoir la suite dans un metal hardcore hyper maîtrisé et violent, avec en plus, un son énormissime, il n'y a rien à dire de plus la dessus. "Wood Philosophy" dans la même lignée, continue de poser les bases de ce qui va nous arriver ensuite, ces deux premiers morceaux sont très bons mais ce qui suit l'est encore plus ! Et ce qui suit c'est "Covered With Mud", bien plus dansant, bien plus intense mais surtout une deuxième partie de morceaux extraordinaire. Le genre de partie dont aurait voulu plus que tout au monde en être l'auteur. Dansant également entre deux parties extrêmement saccadés, "The Mirror Building", les riffs rebondissent violemment pour parfois nous enfoncer d'un pas sévèrement lourd ! Le niveau ne baisse toujours pas avec "Crowded Sunny Streets", toujours cette voix très dure qui se mêle si justement aux sonorités et plans rageux des titres, appuyée par une batterie dynamique et calée avec brio. On remarque que dans cette musique ultra ficelée et très carrée, la basse apporte un zeste de rondeur, d'élasticité à une musique rigide (et il n'y a rien de négatif là dedans bien au contraire !). N'oublions pas "Guru", un titre plutôt court, globalement bon mais nettement moins inspiré que le reste de l'album. "Sticky Sand" non plus ne fait pas partie des meilleurs morceaux de la galette non plus mais reste de très très bonne facture, on notera par ailleurs le travail effectué sur la voix qui est bougrement agréable. L'album s'achève sur "Demonstrating My Slime", où la encore le hardcore 'n' roll de nos Picards fait des ravages avant de se stopper. Votre temps de réaction ne sera pas supérieur à deux secondes entre le moment où le skeud s'arrêtera et celui où votre doigt pressera le bouton "play".
Ceux qui s'obstineront à comparer Anorak à Botch n'auront pas tort mais n'auront pas compris à quel point le groupe s'est développé une personnalité propre. Alors quand ta maman t'aura donner ton argent de pochen, ne file pas à la boulangerie acheter des bonbons, achète plutôt cet album que tu pourras savourer bien plus longtemps.
"My Own Haze"
Note : 13/20
Personnellement, les étiquettes à rallonge j’ai décidé d’arrêter, ça nuit à la santé mentale, donc, Anorak est un groupe de "Crossover HxC". Simplement parce que c’est l’impression qui s’impose à l’écoute de "My Own Haze", impression d’emblée guidée par leur influence principale et revendiquée : Botch, celèbre combo HxC de Seattle, et grande influence pour de nombreuses formations hardcore new school. A rajouter à une bonne recette chant / guitare des recherches plus noise sur de très bons titres comme "Human Sponge Story". L’écoute de l’album "My Own Haze" n’est cependant pas facile, les titres étant très décousus, très déstructurés, alternant chant clair, chant grondé, rythme de guitare très rapide et break brutaux ("Legs Feel Heavy"), non effectivement, Anorak n’a pas choisi la simplicité, cela en intéressera certains mais risque d’en fatiguer beaucoup autant par un certain manque d’abouti sur certains titres mais aussi du coup par le manque de linéarité du CD, qui est souvent un atout mais là se révèle plus comme une faiblesse.
"Faces Of Cruel Kids Rotten Walls"
Note : 17/20
Deuxième démo pour les picards d'Anorak qui débordent d'énergie sur ce 6 titres surprenant. Déjà son artwork est assez étonnant, pour ne pas dire laid, et détonne dès que l'on a le CD entre les mains, mais a le mérite au moins de directement nous interpeler et comme l'habit ne fait pas le moine, on est vite conquis par la folie destructrice du quatuor la galette enclenchée dans nos petits esgourdes. Les Amiénois oscillent vers un noisecore assez déjanté, mais point démonstratif techniquement, priviligiant un côté massif et hypnotique, la torture démarrant avec l'ultra court "On/Off", hymne à la désolation, nous écrasant de sa lourdeur longoureuse. "Cruel Love" s'enchaîne et la moiteur ambiante montante commence à sérieusement nous oppresser, les quelques incursions mélodiques nous permettant de reprendre notre souffle, mais Anorak nous replonge avec délice dans l'apocalypse de ses riffs dissonnants. "Rotten Way" suit et le groupe nous attaque à la gorge avec ses blasts efrennés et une rythmique ternaire renforçant un côté plus post HxC et la présence sur son pont aérée d'une partie de saxo déjanté déjoue tous les pronostics et évite le piège du morceau metalcore "presque" classique. "Face No More" nous montre un côté plus "festif" et sautillant, aux relants plus punk rock pour la majeur partie du morceau, si ce n'est le petit écart du milieu du titre, me faisant penser de par ses sonorités et l'agencement de ses structures à un Nomeansno élevé au death metal. Les Picards nous achévent impitoyablement avec "Scan The Wall" et "Kids Of God", mettant en avant des atmosphéres déchirées au Neurosis et torturées au HxC de Snap Case ou Botch, syncopant habilement riffs tortueux à la saturation malsaine et rythmiques épileptiques. Anorak, la très bonne surprise de cette fin d'année.
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