Le groupe
Biographie :

Anaal Nathrakh est un groupe de black metal - très influencé par les autres artistes comme Mayhem, Burzum, Darkthrone - formé en 1999 à Birmingham en Angleterre. C'est un des groupes les plus violent et extrême sur la scène internationale. Anaal Nathrakh s'est d'abord exprimé sur des sujets tel que le nihilisme ou la devastation totale de l'être humain, puis par la suite sur des sujets plus apocalyptiques. Cependant, on ne peut être totalement sûr de l'idéologie du groupe étant donné que les paroles n'ont jamais été publiées. Le nom Anaal Nathrakh est emprunté à la formule magique "Anál nathrach, orth' bhais's bethad, do chel denmha" prononcée par Merlin dans le film de John Boorman, Excalibur (1981). "Anál nathrach" signifie en ancien Irlandais" le souffle du serpent". Cette formule peut être entendu au début du morceau Anaal Nathrakh.

Discographie :

2001 : "The Codex Necro"
2004 : "Domine Non Es Dignus"
2006 : "Eschaton"
2007 : "Hell Is Empty And All The Devils Are Here"
2009 : "In The Constellation Of The Black Widow"
2011 : "Passion"


Les chroniques


"Passion"
Note : 14/20

Il y a des groupes et des artistes prolifiques, dont on sait qu'on n'aura pas à attendre 4 ans pour entendre du neuf. Anaal Nathrakh fait partie de ce genre de groupes, bon en même temps ils ne font pas de réelles tournées donc ça leur laisse plus de temps pour enregistrer un album. A peine 2 ans après "In The Constellation Of The Black Widow", les Anglais fous nous livrent déjà une nouvelle galette, d'ailleurs nommée plus sobrement "Passion".

Et pour commencer je vais évoquer directement le plus gros défaut de cet album, qui découle justement des courts délais entre leurs différentes réalisations. Vous l'avez deviné la formule n'a quasiment pas bougé, et même si c'est du bon il va quand même falloir qu'ils pensent à se renouveler un minimum à l'avenir. Mais si vous aviez justement envie d'entendre un album dans la même veine que "In The Constellation Of The Black Widow" vous devriez être ravis, on retrouve les même ingrédients et la même folie dès le premier titre. Les voix claires sur les refrains accrocheurs sont toujours là elles aussi, tout en étant encore ét toujours en cohabitation avec ces fameux hurlements totalement décharnés et haineux propres au groupe.

A la limite on ressent une patte black metal parfois plus marquée à certains moments, et les passages mélodiques le sont quelques fois encore plus qu'avant. Le son de l'album est identique à celui de son prédécesseur et les morceaux vous explosent toujours littéralement à la gueule. Bon on a quand même deux détails qui renouvellent un peu le truc, par exemple le deuxième morceau qui tape dans les 7 minutes. Alors bien sûr Anaal Nathrakh a déjà fait ce genre d'exercice, mais là placé sur le même album que deux autres morceaux qui eux n'atteignent même pas les 2 minutes ça crée un contraste intéressant.

L'autre détail va faire bondir de joie les amateurs d'extrême, puisque Rainer Landfermann vient nous poser sa délicate voix sur "Tod Huete Uebel". Et pour ceux qui ne l'ont pas reconnu c'est le fou dangereux qui hurlait déjà sur "Dictius Te Necare" et "S.U.I.Z.I.D." de Bethlehem, et je vous garantis qu'il n'a rien perdu de sa voix depuis ces albums. C'est encore une fois un arrachage de tympans en règle et la musique d'Anaal Nathrakh sur ce titre se retrouve avec une folie décuplée. Si vous ne connaissez pas Landfermann et que vous trouvez les hurlements de V.I.T.R.I.O.L. extrêmes vous allez méchamment trembler en entendant ceux de l'autre fou.

Pour le reste on nage dans du Anaal Nathrakh tout ce qu'il y a de plus classique, ça fonctionne encore bien mais gare à la répétitions outrancière. C'est vrai que le groupe a trouvé sa propre formule et qu'on peut les reconnaître tout de suite, mais maintenant il va falloir la faire mûrir et évoluer. Sans quoi les amateurs du groupe vont s'en aller voir ailleurs si l'herbe est plus brûlée, d'autant plus que de plus en plus de groupes apparaissent ou sont déjà apparus dans ce genre de mouvance bruitiste (écoutez le premier album de The Axis Of Perdition vous verrez).

Donc voilà quoi, bon album d'Anaal Nathrakh, impeccable si vous voulez entendre le groupe répéter "In Constellation..." ad vitam. Si vous attendiez un minimum de changements sur cet album la déception vous guette, et je vous conseille d'écouter avant d'acheter. C'est du bon, ça arrache la gueule, on a des refrains accrocheurs en voix claire mais c'est un peu toujours pareil depuis 2 ou 3 albums. Bon par contre si vous voulez pourrir la vie de vos voisins ce "Passion" est tout indiqué, le volume à fond et à mon avis ça devrait vite les calmer... ou vous ramener les flics à la maison.


Murderworks
Mai 2011




"In The Constellation Of The Black Widow"
Note : 17/20

La haine. Dans le metal on vous la sert à toutes les sauces, beaucoup de groupes un tant soit peu extrêmes la revendiquent comme une inspiration intarissable et sans faille. Mais la ressentez-vous souvent à l'écoute d'un album, je veux dire vraiment la ressentir, qu'elle vous saute à la gorge pour vous arracher la jugulaire et vous laisser vous vider de votre sang. Et bien c'est un peu l'effet que me fait la musique d'Anaal Nathrakh. Je dois bien avouer qu'à la sortie de "Domine Non Es Dignus" j'avais été quelque peu déçu par la nouvelle orientation du groupe qui délaissait le black metal originel et malsain pour une mixture de metal extrême beaucoup plus habitée par la folie furieuse et la rage. Or ce n'était pas ce que je recherchais à l'époque, puis les années aidant je me suis repenché sur leurs travaux. Et la vérité m'a littéralement explosé à la figure, malgré le nombre d'excités qui peuplent le monde du metal on n'avait rarement vu des hystériques comme eux.

Et les tarés en question viennent justement de sortir leur nouvel album tendrement nommé "In the Constellation of the Black Widow". Précisons de suite que les ceusses qui étaient intéressés exclusivement par le coté jusqu'au boutiste et continuellement orienté sur les blast de la chose risquent d'être déçus. En effet celui-ci suit la voie tracée par "Hell Is Empty And All The Devils Are Here", à savoir du Anaal Nathrakh un peu plus aéré (vous noterez que je n'ai pas osé dire calme). Mais attention quand je dis aéré ça veut juste dire que le groupe a appris à lever le pied de temps en temps pour nous délivrer des passages dévastateurs par d'autres moyens. Même les voix claires présentes depuis "Domine Non Es Dignus" n'adoucissent pas l'ensemble, elles donnent au contraire un coté plus majestueux et dominateur à leur musique, évoquant comme d'habitude Emperor. Parce qu'il s'agit quand même de ne pas se tromper, ça blaste quand même encore énormément et le tout donne l'impression de se faire concasser la tronche pendant 35 petites minutes. Mais les Anglais ont utilisé d'autres ressources dont certaines empruntées au metal moderne, comme ce gros break bien rouleau compresseur sur "The Lucifer Effect" ou le début de "The Unbearable Filth Of The Soul" qui me fait presque penser au morceau "Puritania" de Dimmu Burger avant de partir dans une crise d'hystérie dont ils ont le secret. En bref l'album est truffé de parties plus lourdes et plus écrasantes que par le passé sans pour autant négliger le bombardement massif. Le fait que le groupe ait daigné faire du live après "Eschaton" leur a sûrement permis de composer des morceaux moins unidimensionnels et plus portés sur l'efficacité.

Un petit mot sur le chant aussi qui a toujours été l'un des points qui permet au groupe de se démarquer, l'usage de la disto sur les voix hurlées aident beaucoup, il est vrai, à faire passer un climat haineux. Mais force est d'avouer que le père V.I.T.R.I.O.L. s'arrache bien les cordes vocales pour obtenir ce résultat, l'état d'esprit misanthropique revendiqué par le duo est bien mis en avant par ces voix de malade mental. Le premier morceau de l'album est d'ailleurs bien sournois dans le genre, il commence par des accords plaqués tranquillement sur un tempo bien lourd et s'embarque d'un coup sec dans un déferlement de blasts accompagnés des fameux hurlements. Le moins qu'on puisse dire est que ça décape méchamment, surtout quand on ne s'y attend pas, vos voisins vont adorer. Et celui à coté duquel il ne faut absolument pas passer est "More Of Fire Than Blood" qui synthétise à merveille les deux visages d'Anaal Nathrakh. A savoir que celui-ci a un couplet complètement furieux à base de blasts assaisonés aux mix hurlements / growls, et un refrain tout en voix claires. Imparable, on est habitués à ce que le groupe nous en délivre au moins un comme ça par album, mais le résultat est meilleur à chaque tentative et celui-ci est clairement au dessus des anciens.

Pour les puristes on pourra aussi noter la réapparition du morceau "Satanarchrist" qui date de leur démo "Total Fucking Necro" et qui dénote donc un petit peu du reste par son orientation clairement black traditionnel. L'album a été enregistré dans le studio des deux compères et le son est monumental, gros, puissant, clair avec le petit grain de crasse qui va bien et tous les instruments sont clairement mis en valeur. Même la basse est bien présente, ce qui est assez rare pour être signalé surtout chez un groupe de metal extrême. La boite à rythme quand à elle a un rendu relativement organique, ou du moins loin d'être aussi synthétique que certains groupes d'aujourd'hui. Anaal Nathrakh nous délivre donc un excellent album qui pourra quand même décevoir ceux qui n'avaient que moyennement apprécié "Hell Is Empty And All The Devils Are Here" encore que le petit dernier bénéficie d'une orientation un peu plus black metal que son successeur. Pour les autres vous pouvez aller prendre votre ration de coups sans problèmes, les Anglais en ont encore dans le ventre et n'ont pas fini de faire souffrir les âmes sensibles.


Murderworks
Août 2009


Conclusion
Le site officiel : www.myspace.com/anaalnathrakh