Le groupe
Biographie :

AlNamrood est un groupe de black metal saoudien formé en 2008 et actuellement composé de : Mephisto (guitare, basse, percussions / Mephisophilus), Ostron (clavier / percussions) et Humbaba (chant). AlNamrood compte six albums à son actif, tous sortis chez Shaytan Productions.

Discographie :

2008 : "Atbaa Al-Namrood" (EP)
2009 : "Astfhl Al Thar"
2010 : "Estorat Taghoot"
2012 : "Kitab Al Awthan"
2013 : "Jaish AlNamrood" (EP)
2014 : "Heen Yadhar Al Ghasq"
2015 : "Diaji Al Joor"
2017 : "Enkar"


La chronique


AlNamrood est un groupe de black metal... saoudien. Oui, vous avez bien entendu. Et quand on a dit ça, en soit on a déjà tout dit. Il est extrêmement spécial de pouvoir écouter un groupe de black metal saoudien. Nous connaissons tous la dureté du régime en place, et les... comment dire, sentiments très positifs du même régime à l’égard du metal. Car oui, dans ce pays, on peut encore être exécuté si on renonce à la religion d’Etat. Ainsi, les membres d’AlNamrood risquent bien plus qu’une simple petite tape sur l’épaule si leur identité est découverte. Et si cela ne vous donne pas un frisson d’effroi, je ne sais pas ce qu’il vous faut. Les risques que prennent ces musiciens pour s’exprimer à travers de leur art, pour revendiquer une liberté de penser et de créer... Oui, à côté de ça, vos jérémiades pour ne pas être appelés Satan dans la rue, c’est une histoire de nounours. L’élan de liberté qui anime AlNamrood est tout simplemement admirable, et rien que pour cela, même si vous n’aimez pas leur musique, vous devriez les soutenir. Voilà, ma période quasi moralisatrice est terminée, on va pouvoir passer à la musique.

Je crois que c’est l’un des premiers albums de black en langue arabe qui croise mon chemin, et c’est un événement en soi. L’album débute donc avec "Nabth", et je reste un peu stupéfaite de voir l’effet rendu par l’arabe dans du black. On est tellement habitués à entendre de l’arabe chanté dans d’autres... situations (si vous suivez ce que je veux dire...) que c’est une impression très bizarre. Mais il y a un côté très scandé dans ce premier titre, avec un peu de relent punk... un peu comme chez Darkthrone quand Fenriz perd toute contenance et mélange tous les styles pour vous dire que "fuck off ça me plaît, et c’est comme ça". Ce qui est aussi tout à fait remarquable sur cet album, c’est l’énergie débordante dont fait preuve le groupe. Ainsi, "Halak" est comme un train lancé à pleine vitesse dans la nuit (et non sponsorisé par la SNCF, donc pas de risques qu’il s’arrête sans raison apparente pendant 6h au milieu de la voie). Bien évidemment, le côté oriental et très facilement identifiable du monde arabe s’exprime de façon très claire dans la musique de AlNamrood. Ecoutez "Xenophobia" et osez me dire le contraire. Le groupe ne perd pas une seconde, et assène avec force chaque morceau sans jamais faiblir ou connaître une baisse de régime. Il y a un venin et une hargne qu’on peut facilement ressentir à chacune des paroles prononcées par le vocaliste. Et cette hargne est le fil directeur de tout l’album. Le seul reproche que je pourrais faire à cet album réside en son côté somme toute assez linéaire. On retrouve globalement la même structure sur toutes les chansons qui semblent bâties sur un même modèle. Les vocaux, bien identifiables, apportent pourtant une patte bien distincte au son d’AlNamrood.

Au final... ? Cet album n’est pas pour tout le monde, mais DEVRAIT être pour tout le monde. Ce n’est pas du black metal pur et dur à proprement parler, les influences d’autres styles comme le punk sont bien trop marquées pour qu’on puisse dire le contraire. Mais le fait est qu’on ressent la rage derrière chaque mot prononcé, même si je ne comprends absolument RIEN à ce qui est dit. Il y a un message derrière AlNamrood, une attitude. Une rebellion. Et j’ai juste envie de soutenir ce principe.


Velgbortlivet
Juillet 2017


Conclusion
Note : 16/20

Le site officiel : www.alnamrood.com