Woaw, woaw, woaw, musicalement que ce groupe est superbe !!!
Formé en 2003 par Alain Germonville alias "Bob" , ex-Scarve et Matthieu Morand( Elvaron), Akroma s'est enrichit d'autres membres pour délivrer une musique totalement surprenante et réellement bien inspirée. Vous avez pu découvrir leur premier album sorti en 2006, nommé "Sept" et basé sur les sept pêchés capitaux. Un premier album original et plein de bonnes surprises, telles que voix féminines, du violon très celtique...
Alors voici son successeur nommé "Seth". Bizarrement même si l'écriture n'est pas pareille, la prononciation reste sensiblement la même. Est-ce ici, quelque chose de voulu par le groupe pour faire un éventuel clin d'oeil ?
"Seth" change de contrées pour rester tout de même dans les croyances, mythes et légendes, mais au lieu de parler des sept pêchés capitaux Akroma s'est introduit dans la nécropole d'Anubis pour vous faire revivre les dix plaies de l'Egypte.
Je saluerai la sagacité et la clairvoyance de "Bob" pour trouver un concept de taille à chaque sortie d'album... Idées rudement bien trouvées, et intelligemment mises en place et en musique.
Encore une fois Akroma s'est entouré de musiciens chevronnés pour parfaire son oeuvre, car effectivement si des membres de Syrens Call, Outcast, Nightmare, Resilience, Carcariass, Mortuary et Innerchaos étaient venus honorer le groupe de sa présence, sur celui-ci certains comme Benjamin Sertelon (Resilience) ou Pascal Lanquetin (Carcariass) sont revenus pour ne citer qu'eux, mais sont venus également s'ajouter en guest Christophe Danjon (Exulan) ou encore Hugo Lefebvre (Anthropia) pour ne citer qu'eux également.
Donc en matière de composition, Akroma présente de nouveau un album extrêmement bien sous tous rapports.
Le son est totalement impressionnant de clarté et de puissance, les vocaux féminins qui récitent une prose avec une articulation sans faille me rappellent lorsque Pazuzu avait sorti ses deux premiers albums, les titres tels que "La Baronnette" où la jeune femme ressortait son texte d'un magnifique manière. Et donc ici "Les Grenouilles"ont exactement le même effet.
Akroma a depuis son premier album, choisi de délivrer ses textes en Français, et je trouve que c'est exactement ce qu'il fallait à cette musique un peu black heavy, un peu symphonique et progressive.
Ce chant Français, d'ailleurs est très difficile à rendre intéressant, car c'est un véritable défi de proposer des morceaux avec des textes Français. Si il y a quelques années, c'était dans l'air du temps avec Adx, Vulcain... le chant Français n'a jamais été très pratiqué dans le metal hexagonal, il a été mis en valeur par des groupes tels que Misanthrope, qui a totalement redoré le blason de ce type de texte. Akroma réussit cet exercice de style, et l'intérêt dans tout ceci, en plus d'avoir l'avantage de faire comprendre plus facilement les paroles, c'est de proposer quelque chose de singulier.
Maintenant il subsiste un gros problème, c'est le chant. Si les ambiances sont magiques, grâce à des segments de chansons alternés entre des passages hyper rapides, black et symphonique et d'autres nettement plus planants, le chant d'Akroma, reste un obstacle à la croissance de popularité que le groupe pourrait avoir. En effet, si le chant d'Alain est pas mal dans ses tonalités plus graves, même hurlées, il est vraiment "spécial" dans l'ensemble, parce que le monsieur va chercher une voix nasillarde, assez haut perchée qui n'apporte pas du tout de symbiose avec la musique d'Akroma. C'est vraiment dur à l'assimiler, à la première écoute, je dirais même que j'ai détesté totalement. Alors à force on s'y fait, parce que les variations de gorge sont différentes en fonction des morceaux comme sur "La Grêle", où il reste en début de morceau, plutôt sobre, et c'est ce chant que j'ai beaucoup plus apprécié. Puis lorsque il veut donner peut-être plus de torture dans ses vocaux, ça donne un style singulier c'est vrai, mais ça risque malheureusement de faire fuir pas mal de monde.
A côté de ça la voix féminine de Lulu est agréable et un morceau justement comme "La Grêle", se laisse écouter sans aucun problème : "Il n'avait pas besoin d'être vivant pour être un dieu" et une phrase obsessionnelle, j'adore.
C'est trop bizarre, les atmosphères, sont sublimes, les morceaux sont excellents, mais c'est cette voix nasillarde surprend et terrorise de prime abord, elle ne vient pas gâcher mais enlever de sa splendeur à la musique d'Akroma... C'est un peu comme une mangue, le goût de la mangue est délicieux, mais le côté poivré du fruit rend la chose très bizarre, on a tendance à ne pas aimer, mais pourtant l'ensemble étant bon, on y revient, c'est très paradoxal tout ça...
En faisant abstraction de cet obstacle conséquent malgré tout, "Seth" est un superbe album, plein d'émotions comme sur "Les Sauterelles" où l'ont part vraiment dans une musique sombre et symphonique. Les guitares sont heavy et thrash et on peut s'attarder sur des soli construits pour purifier les plaies musicales de cet album, écoutez "La Mort Des Premiers Nés", vous comprendrez....
L'album termine par le morceau le plus long, d'environ 11 minutes, où l'on baigne vraiment dans un esprit Egyptien, avec tous les thèmes de l'album concernant cette légende. Ce titre "Les Ténèbres" est le plus somptueux de tous , parce qu'il commence avec des nappes de claviers dignes des plus grandes B.O de films et l'évolution progressive du morceau s'inscrit dans la tradition la plus pure des morceaux symphoniques, en conservant son côté exotique. C'est fichtrement bien foutu...
Alors "Seth", regorge d'ambiances et de passages malfaisants à souhait, mais la voix d'Alain quant elle part dans son trip nasillard, vient comme un ovni qui n'aurait pas sa place, un peu comme une hémorroïde, ça fait mal, c'est gênant, et pourtant c'est naturel d'en avoir, ça fait partie du corps et la nature l'a inventé... On veut l'exterminer, mais ça fait si mal qu'on n'ose pas y toucher...
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