Le groupe
Biographie :

Aborted est un groupe de brutal death metal formé en 1995 en Belgique par le chanteur Sven de Caluwé. Leurs chansons ont pour principal sujet la mort et la violence, en utilisant un vocabulaire bien souvent médical. Leur musique est, comme le précise le genre, extrêmement brutale. Le groupe a été formé au cours de l'année 1995 par le vocaliste Sven de Caluwé. Il est le seul membre restant de la formation d'origine. En 1998, le groupe sort une première démo, intitulée "The Necrotorous Chronicles". L'année suivante sort le premier véritable album studio d'Aborted, "The Purity Of Perversion", dont l'ambiance est très largement inspirée par les films d'horreur, ou le gore est omni-présent. Aborted signera par la suite un contrat avec le label Listenable Records, ou sortira en 2001 l'album "Engineering The Dead", puis l'opus "Goremageddon - The Saw And The Carnage Done". Cet album est celui qui revelera le groupe sur la scène metal Européenne. En 2005 sort l'album "The Archaic Abattoir", qui a été promu par le maxi "The Haematobic", sorti quelque temps avant. Cet album sera le dernier sorti sous le label Listenable Records. En effet, Aborted va par la suite quitter ce label pour signer avec Century Media Records, avec qui ils sont toujours en contrat actuellement. En 2007 sort l'album "Slaughter & Apparatus - A Methodical Overture", qui sera suivi en 2008 par l'opus "Strychnine.213". Le mois de Décembre 2009 marque un gros changement dans la formation du groupe. En effet, tous les membres, excepté Sven de Caluwé, vont quitter Aborted. Les membres partis seront remplacés par Eran Segal et Ken Sorceron aux guitares, par Cole Martinez à la basse et enfin, par Dirk Verbeuren à la batterie, qui était parti du groupe en 2004. Avec ce nouveau line+up, un nouvel EP sort en 2010, intitulé "Coronary Reconstruction". En 15 ans de carrière, Aborted est devenu un groupe de brutal death metal de renommée mondiale et figure parmi les groupes underground les plus connus de la scène Européenne de ce genre

Discographie :

1998 : "The Necrotorous Chronicles"
1998 : "The Splat Pack"
1999 : "The Purity Of Perversion"
2000 : "Aborted" (split CD avec Christ Denied)
2001 : "Engineering The Dead"
2002 : "Created To Kill" (Split CD avec Drowning, Brodequin et Misery Index)
2003 : "Goremageddon - The Saw And The Carnage Done"
2004 : "The Haematobic"
2005 : "The Archaic Abattoir"
2007 : "Slaughter & Apparatus - A Methodical Overture"
2008 : "Strychnine.213"
2010 : "Coronary Reconstruction" (EP)
2012 : "Global Flatline"


Les chroniques


"Global Flatline"
Note : 19/20

Personne n'est là quand je me réveille. Tout le monde semble avoir déserté la place. Je me rends compte que je me trouve dans une chambre d’hôpital. Aucun bruit dehors. Et pourtant, il me semble entendre des réminiscences d'alertes radio, des communiqués de presse passés en urgence, des samples obscurs... La porte de ma chambre semble avoir été bloquée par un brancard, jeté contre le mur, hasardeusement. Je l'ouvre d'un coup d'épaule. Le couloir pue la tragédie et la mort. Le sang semble être la couleur prédominante de l’hôpital, se traînant sur les murs, s'éparpillant sur le sol. Et la déflagration arrive. Des riffs lourds, pesants, mais également profonds et implacables. La batterie s'affole et s'abat comme une tragédie. Les morceaux de débris sanglants sont partout.

C'est quand je vois ces restes humains que le growl arrive, profond. C'est quand ces restes s'animent mollement que la musique s'emporte, que les guitares s'emballent comme possédées, mues par une force invisible qui les oblige à me faire subir, encore et encore, une brutalité sans fin. En fuyant cet endroit, je sens ma raison défaillir. La voix hurle encore, plus profondément, plus puissante encore que ce que je ne l'avais jamais entendue. Et pourtant, le son lisse, puissant de cette bande annonce de fin du monde ne l'augurait pas ainsi. Comme si l'ingé son de cette diabolique litanie avait décidé de tout mettre au taquet en gardant un son pur comme du cristal. Pur et dégoulinant à la fois. Etrange alchimie du macabre. Curieuse fascination pour la violence. Insolite magie de la brutalité.

Alors que je fuit l’hôpital pour me rendre compte que les rues sont vouées au même chaos, les premiers solos retentissent. Mélodiques, étrangement et diaboliquement mélodiques mais s’effaçant devant la brutalité du propos. La partie rythmique est implacable. La basse est méthodique, les vocaux enragés. Et les morts arrivent. Ils sont partout, me cernent complètement. Bavants, hurlants autour de moi sur plusieurs pistes. Leur vision me possède complètement alors que la magie opère. Pourtant, je ne devrais pas les voir mais uniquement les entendre. Quelque part au fond de moi, je sais que j'écoute simplement le nouvel opus des Aborted. Mais il me transcende, tant l'effort du groupe est au-delà de tout ce qu'ils ont pu enregistrer auparavant. Tant les références tombent rapidement, sont saisissables et assimilables instantanément. Tant l'écoute est aisée et ardue à la fois.

La pochette - magnifique - du skeud tourne entre mes doigts. La bière (une trompe la mort) est fraîche dans ma main, mais mon cerveau n'est plus là. Transporté par le death brutal et magnifié des Aborted, il est ailleurs. Dans la rue, non loin de l’hôpital. Remarquable récit d'un monde tombé, victime de lui-même. Religion, avidité, haine. Toute la pourriture humaine transparaît dans celle d'un zombie. Tout le vide de l'humanité se résume dans le non-sens de cette non-vie. Alors forcément, quand l'intro de "Of Scab And Boils" arrive, elle m'incite à me défendre. A prendre cette barre de fer qui traîne inévitablement sur le sol et à défoncer les crânes poisseux de ce vide, à aller à contre-sens de cette futilité absolue, de cette fin annoncée, de cette mort qui marche, sans but. Mon arme s'abat, comme la batterie, implacable et sans pitié. Les hurlements des morts se confondent avec ceux du furieux possédé dans ma tête. Nerveux, violent. Sans appel. Mais elle dérape. Un faux mouvement de ma part, alors que le blast de la batterie ne s’arrête toujours pas, permet à un des morts, celui qui a un crucifix à la main, de m'attraper à la cheville. Les coups se confondent avec la déflagration de la batterie, le tourbillon du carnage au maelström de violence sonore. Je chancelle, je tombe. Proie facile dans un monde où la pitié a été oubliée. Mais je ne suis pas mort. Non. Bien au contraire.

J'ai écouté "Global Flatline" et j'y ai survécu. Un album qui est très probablement le meilleur effort de la formation à ce jour. Un brutal retour aux sources sans concession, mêlé au savoir-faire de Sven et ses potes, mélangé avec énormément de technique et de bestialité, assaisonné d'un peu de mélodies. Une formidable leçon à la totalité du milieu. Un opus brutalement cinématographique qui te laisse sur le carreau. On en ressort pas tout à fait vivant, ni tout à fait mort. Mais on le garde dans la peau, comme une sale morsure infectée.


Groumphillator
Janvier 2012




"Strychnine.213"
Note : 16/20

Une intro plutôt planante qui n'est autre que le prémisse d'une très grosse entrée bien brutale avec "Ophiolatry On A HemocritePlatter", qui a d'ailleurs a un petit goût de deathcore dans les couplets et une touche Opeth subtile fort agréable. Le production est à la hauteur de la qualité de composition de Aborted, ce premier morceau résume bien l'évolution continue du groupe qui lorgne désormais vers quelque chose de plus mélodique. On pourrait juste noter un son guitare manquant quelque peu de punch et d'énergie qui est rattrapé par une basse ronflante bien comme il faut. La maîtrise est toujours au rendez-vous, la précision est de mise encore une fois avec de très bons plans death qui pourront sans aucun doute convaincre un public qui cherche l'agressivité travaillée et bien dosé car Aborted est très fort là dessus. Le nom des titres appellent à la curiosité, on a bien affaire à des paroles subtiles et vraiment bien écrites servies par Sven qui est toujours aussi en forme mais qui aurait été davantage meilleur en efficacité si le mix ne l'avait pas noyé par moment. Bien sûr il y a d'autres morceaux qui nous rendent gourmands pour ce qui est d'écouter la suite mais jamais jusqu'à l'indigestion, il y a le très bon "A Murmur In Decrepit Wits" avec son intro à la Slayer. Il y a aussi le surpuissant "Enterrement Of An Idol" qui mettra tout le monde d'accord tant l'agressivité arrive à son apogée sur ce disque, entre les cris gutturaux de Sven et les blasts monstrueux. Ce disque n'est toutefois pas si facile que ça à écouter, il faut connaître déjà un peu la culture et la scène death pour comprendre la difference qu'apporte Aborted. Pour ce qui est du package, ça reste dans la pure tradition death.


Fab'S
Mai 2008




"The Archaic Abattoir"
Note : 17/20

Ca blaste, ça hurle, c’est technique, rapide…ne serait-ce pas du death ? Du death Belge ? Et bien oui madame ! "The Archaic Abattoir", sixième galette d’Aborted, n’est pas moins que ce à quoi ils nous avaient habitués. L’art-work réalisé par Sven, lui même chanteur et leader du groupe, dégage moins de pulsions assassines que celui de "Goremageddon" son précédent album, mais les ingédients du death sont quand même au rendez-vous, la modernité en plus. Les riffs sont agressifs, la batterie martelle, les rythmes sont élaborés et développent une atmosphère dans laquelle on ne peut pas retenir sa tête durant les mosh-parts qui s’insinuent parfois entre deux vagues de blast-beats monstrueux. Le son n’est pas révolutionnaire mais largement puissant. L’accent est mis sur l’efficacité mais les compositions n’y sont pas réduites. Chaque plage de ce CD est un véritable hymne au death dont le cadre redoutable permet à ces grands malades d’explorer un grand éventail rythmique, grâce à des moshs-parts saccadées, des solos rapides et techniques, comme lascinants et plaintifs. Des effets flanger viennent même agrémenter la musique, comme dans "The Gangrenous Epitaph (#5)". Le chant se diversifie, allant du parlé aux grunts, voire même jusqu’à des cris plus aigus et torturés, ce qui accentue la présence malsaine de Sven le chanteur, qui se retrouve également derrière les fûts de Leng T’che. En parlant de batteurs, j’ai pu approcher Gilles, également batteur des fameux Gronibard, et il m’a annoncé que les petits princes du grind seraient de retour en France, après le désastre du festival Sacré Grind II, dés que leur nouvel album qu’ils composent sera prêt.


La Patte de l'Ours
Mars 2006


Conclusion
L'interview : Sven de Caluwé

Le site officiel : www.goremageddon.be