L'article


Article rédigé par Arch Gros Barbare


Quand JU a rédigé son article sur SEPTICFLESH, j'ai trouvé cela très intéressant, parce que SEPTICFLESH est un groupe que j'ai toujours suivi depuis leurs débuts. Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai écouté leur démo, car ce n'est pas vrai. Mais depuis la sortie de "Temple Of The Lost Race" en 1991, ce groupe a toujours fait montre d'inventivité, de créativité et de talent. Si "Temple Of The Lost Race" n'a pas vraiment marqué les esprits, c'est parce que leur marque de fabrique mélancolique n'avait pas encore cet aspect si fort et pénétrant.



Ce n'est qu'avec le monstrueux "Mystic Places Of Dawn" que le groupe a pris son véritable envol. A cette époque là, en 1994, Holy Records, était un label important à mes yeux. C'était un label Français tout d'abord, mais un label émergent, un label qui signait des nouveaux groupes qui avaient une personnalité, quelque chose de singulier, pas comme tous les clones qui se clonent eux-mêmes qu'on peut entendre maintenant. A cette époque là, Holy Records était un label spécialisé dans la musique doom. Je dis doom dans son sens large du terme, mais en fait c'est surtout mélancolique, avec des combos tels que Nightfall, Elend et leur premier "Leçons De Ténèbres", Godsend, Orphaned Land et "Sahara", magnifique découverte, et également un peu plus tard Yearning... Oui,une époque formidable où d'ailleurs le label était encore à Livry-Gargan. Mais cessons cette digression, le sujet est SEPTICFLESH...

Donc oui, avec ce Mystic Places Of Dawn SEPTICFLESH a su conquérir le coeur des fans en proposant une musique accompagnée d'une voix si grave et d'une brutalité si intense qui s'harmonise avec la mélancolie des thèmes de ses chansons, comme "Pale Beauty Of The Past" ou "The Under Water Garden". Comme le disait JU, cet album ne possède pas d'une super production, mais c'est aussi ce qui fait son charme. Les productions d'antan n'ont peut-être pas la puissance d'aujourd'hui, mais ça a le mérite de ne pas être stérilisé, ni aseptisé. Il y a une âme, d'autant plus que le mastering avait été fait à l'époque par Didier Chesneau (Melodie Studio), personne, je l'espère, que vous connaissez bien avec Headline. Il faut également reconnaître qu'une des principales choses qui a attiré l'auditeur avant la musique elle-même, c'est cette fabuleuse pochette. Je tiens à le préciser , car j'en suis assez fier, pochette que je possède en picture disc, de l'époque Livry-Gargan, puis en CD mais des premiers pressages de La Ferté Sous Jouarre, et non la réédition digipack de 2002.

Alors à partir de ce premier album la destinée de SEPTICFLESH était écrite, il n'en n'a pas fallu beaucoup pour que la plèbe s'aperçoive du talent de Seth Siro Anton et de sa troupe. Vous aurez remarqué que d'ailleurs le nom de Seth Siro Anton n'apparait qu'à partir de "Sumerian Daemon". Sur tous les albums précédents et donc jusqu'à "Revolution DNA", Spiros Antoniou se nomme toujours Spiros. Et donc alors que les frères sont ensemble sur cet album, la première partie de celui-ci délivre un mélange de brutalité et de mélodie tandis que la dernière partie et surtout le titre "Mythos" offre des orchestrations symphoniques et enchanteresses dans la veine de ce qui deviendra plus tard le projet Chaostar.



En 1995, un an plus tard arrive dans la place le spectaculaire "Esoptron", certainement un des meilleurs albums de SEPTICFLESH. Je n'ai pas la prétention de faire une chronique de chaque album ou de faire une discographie détaillée, mais simplement de donner un avis sur la carrière de SEPTICFLESH. Et donc ce "Esoptron" est totalement miraculeux. Quand il est sorti , on a tout de suite pris une grosse claque. Le côté spleen mélancolique du groupe est devenu encore plus prononcé, et les envolées de guitares profondes, sont de plus en plus présentes. C'est ainsi que les morceaux "Burning Phoenix" ou "Rain" deviennent des titres phare de l'album. Des titres qui sont entrecoupés d'interludes qui procurent à l'ensemble de l'album une atmosphère hyper planante. Bizarrement on ne retrouve que Spiros et Sotiris sur cet opus, sans parler de Kostas, et on se demande où est passé Chris Antoniou... Je l'ai tellement écouté cet album qu'il fait partie intégrale de mon corps. Anecdote également, on découvre les peintures de Spiros, loin de ce qu'il peut faire maintenant en tant que graphiste. Et là aussi, on s'aperçoit que c'était plus naturel à l'époque.



Deux ans plus tard, "Ophidian Wheel" continue l'épanouissement du monde de SEPTICFLESH avec un lay out toujours signé Spiros, une histoire montée de toute pièce pour cet album mais surtout l'arrivée de la soprano Natalie Rassoulis qu'on retrouvera bien évidemment chez Chaostar, projet qui finalement n'est peut-être qu'une continuité de SEPTICFLESH dans un esprit plus symphonique et moins brutal. Mais comparé à "Esoptron" la musique de SEPTICFLESH devient plus étrange, c'est certainement dû à la participation de Natalie qui donne un environnement plus doux et moins abrupte. Les passages violents sont toujours là, mais quand cet album est sorti je n'ai pas eu de grand frisson comme j'avais pu avoir pour son prédécesseur . Pourtant il n'a pas de défaut majeur, c'est juste que cette mélancolie est mal interprêtée, sans doute moins sincère. On sent tout de même sur un morceau comme "The Ophidian Wheel" les prémices de ce que l'on a pu écouter sur "Revolution DNA", des riffs assez futuristes, plus catchy que par le passé. Mais même en étant moins impressionnant cet album reste malgré tout un petit bijou de spiritualité qui accueille le retour de Chris.



Pour terminer avec "A Fallen Temple" SEPTICFLESH nous offre le cadeau ultime en trois parties. On entre encore une fois dans l'univers des Grecs, comme on pénètre dans l'univers de Lovecraft ou Tolkien. Sur cette première partie, avec "The Eldest Cosmonaut" on retourne facilement dans les ambiances de "Esoptron", avec l'évolution que le groupe a pu avoir, tandis qu'en deuxième partie ce sont des réenregistrements des titres du mlp de 1991 "Temple Of The Lost Race" où la rage death metal se sent amplement. La dernière partie se rapproche une fois de plus de Chaostar avec le titre "Underworld (Act 2)" commencé un peu plus tôt sur le CD et une version dark de "The Eldest Cosmonaut". SEPTICFLESH a conservé ce moment là les services de Natalie sur deux morceaux, et la cover art étant de nouveau un produit signé Spiros.

Avant "Revolution DNA" ce furent des années énormissimes pour SEPTICFLESH qui a su construire son territoire et apporter au metal certainement une facette qui lui manquait. Je m'arrêterais là puisque JU a déjà traité les années suivantes. En tous les cas, oui SEPTICFLESH est un groupe phare des années 90's jusqu'à maintenant qui a su donner à sa musique quelque chose de transcendent et de progressif dans le sens ou aucun album ne se ressemble vraiment et où l'évolution est constante. Chaque album est une pierre indispensable pour comprendre la cohérence de la discographie. S'il y a un groupe à découvrir, c'est bien celui-ci.



Conclusion
Le site officiel : www.myspace.com/septicfleshband